Le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, a annoncé que les garçons pourront prendre part à la prochaine édition du concours.

Le Président du Faso, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, a échangé, lundi 21 septembre 2026 à Ouagadougou avec les lauréates du concours de détection de talents scientifiques féminins « Hakili Mousso ». Lisez l’intégralité de son message.

« Camarades élèves, bonjour ! Camarades enseignants, comité d’organisation, bonjour également ! Je tenais tout d’abord à vous féliciter, parce que juste après l’immersion, sans repos vous avez continué dans ce concours et voilà bientôt la rentrée. Ce n’est pas chose aisée. Mais vous avez su surpasser cette fatigue. Pour nous c’est très symbolique, mais cela démontre aussi votre esprit d’abnégation, et de résilience. Et c’est ce qu’on demande au Burkina Faso. Ne jamais se lasser, se fatiguer et toujours continuer, peu importe la situation. Je souhaite que vous preniez ces quelques jours qui vous restent pour bien vous reposer. Ainsi vous serez en mesure d’aborder l’année académique avec beaucoup d’énergie.

A vous donc, camarades enseignants, qui avez accepté d’accompagner ces jeunes filles, je vous tire mon chapeau. Félicitations, parce que vous avez dégagé du temps pendant vos vacances pour les encadrer et les emmener ici. C’est une première expérience. Le message que je tiens à ce que vous passiez à ces jeunes filles et surtout à la génération à venir, c’est de pouvoir cultiver en tout un chacun, l’amour des matières scientifiques. Parce que pendant longtemps, surtout pour la jeune fille, elles sont restées comme un mythe. Un mythe, comme si les mathématiques, les physiques, la chimie, n’étaient pas faites pour les filles. Cette perception fait que beaucoup, au regard des statistiques, basculent vers les filières littéraires. Pourtant, nous avons besoin de femmes dans certains domaines, car nous avons d’autres objectifs stratégiques si nous envisageons de nous développer. Qui dit développement, parle de technologie. Par exemple, si je prends le domaine de la ministre-conseillère, la métrologie. Qui mieux que les femmes pour voir les détails de certaines conceptions. Les femmes sont plus prudentes aux matières de détails de conception de certaines pièces, plus que nous les hommes. Il y a beaucoup d’autres domaines dans lesquels les femmes sont mieux posées que nous les hommes, dans le domaine de la technologie par exemple, parce qu’elles sont patientes, elles s’intéressent aux détails et cela nous permet d’être plus précis.

« Vous devez être des femmes qui sont en mesure de produire »
Nous devons encourager celles qui excellent dans les matières scientifiques pour qu’elles s’intéressent aux métiers scientifiques. Certes, le concours pourra l’année prochaine s’ouvrir aux hommes, avec leurs filières également. Mais pour l’instant, c’est un message que nous tenons à envoyer. Et vous, enseignant, je compte sur vous pour changer la mentalité globale de la jeunesse. Pour nous orienter vers les filières techniques et scientifiques parce que nous ne pouvons pas nous développer sans ces filières. En mathématiques, lorsqu’il y a une équation ou un problème, il y a plusieurs manières de le résoudre. Et c’est à vous de faire en sorte que les enfants comprennent qu’il y a plusieurs manières. Il ne faut pas se contenter d’une seule méthode, qui peut paraître difficile et qui les décourage. L’objectif étant d’atteindre les résultats escomptés. Par le passé, rien que le nom de certains enseignants dans certains lycées, dans les filières scientifiques rebute les élèves, parce qu’ils sont traumatisés. Je pense que cette époque doit être révolue. C’est la même chose que nous avons vécue dans les universités, quand on arrivait et qu’on parlait des enseignants en thermodynamique, en atomistique, etc. Cette crainte a fait fuir beaucoup de gens de la filière scientifique. Effectivement, lorsqu’à l’issue des devoirs on aligne plus de 1000 zéros, ça fait peur aux enfants. Donc, trouvez les méthodes, je vous en supplie. Je sais que les conditions de vie et de travail de nos enseignants ne sont pas faciles. Nous sommes bien conscients et nous espérons finir avec cette guerre pour vraiment prendre soin de vous, parce que nous ne saurons nous développer sans l’éducation, c’est impossible.
Félicitations une fois de plus. Que ce soit les enseignants de la maternelle jusqu’à l’université en passant par vous, bien sûr, qui préparez les hommes de demain, félicitations, bon courage. J’espère qu’à la prochaine session, nous aurons encore plus d’enseignants et que nous pourrons faire monter la barre plus haut. La valeur du prix n’a pas d’importance pour moi. Le plus important c’est de comprendre notre philosophie, notre idéologie et savoir où vous partez.

Notre action ne s’inscrit pas dans la politique importée du genre
Une chose que je tenais à préciser aussi, ce que nous avons fait ne s’inscrit pas forcément dans cette politique du genre, qui a été importée ici par les impérialistes. Non, ce n’est pas notre vision. Cette politique du genre a été importée en Afrique il y a quelques décennies et les gens ont très mal compris. Pour moi, cette politique du genre est une politique ségrégationniste, parce que nous sommes tous égaux au Burkina.

Et quand on parle du genre, pour moi c’est déjà de la ségrégation. En quoi est-ce qu’on est différent les uns des autres ? Mais ces gens qui ont amené cette politique sont venus nous dire d’adopter la politique du genre. Or, dans leur pays, par exemple, les médecins homme et femmes n’ont pas le même salaire alors qu’ils ont suivi la même formation et travaillent dans le même hôpital. Mais ces mêmes individus, dans leur pays, quand ils venaient avec cette politique, une femme et un homme qui font le même boulot, la femme avait un salaire inférieur à celui de l’homme.

Et peut-être même que ça continue dans certains pays. Mais ce sont ces gens-là qui viennent nous parler de la politique du genre, pendant que dans nos pays, une femme et un homme qui ont le même boulot ont le même salaire. Vous ne trouvez pas cela un peu bizarre ? C’est une politique qui est venue pour diviser en fait notre société, pour opposer les hommes aux femmes et nous égarer dans toutes les considérations très mal comprises. Cela crée du vrai désordre dans la société. Et ils ont intérêt à ce que nous soyons dans le désordre. Donc nous, nous ne nous inscrivons pas dans cette politique.

Nous nous inscrivons dans une politique d’élite et d’encouragement des femmes vers certains métiers qui nous intéressent. Vous devez être l’élite, vous devez être des gens qui sont en mesure de produire. C’est le plus important. Et il faut savoir qu’il n’y a pas de filière désignée pour les hommes ou pour les femmes. Non, tout le monde peut faire tout. Il est très important de comprendre cela pour commencer.

Vous voyez, nous sommes dans un monde un peu fou et le Burkina Faso a tracé sa route pour se développer. Et pour se développer, nous devons prendre en compte certains phénomènes que nous observons dans ce monde. Les conflits actuels et la géopolitique doivent nous apprendre beaucoup de leçons. Nous devons apprendre des leçons et faire en sorte que notre pays, dans cette quête de développement, puisse vivre dans une relative autarcie. Cela ne veut pas dire que nous nous fermons totalement au monde.

Mais nous exploitons, nous observons la géopolitique et nous devons faire en sorte que si demain le monde se ferme à nous, que nous puissions continuer à vivre. Détrompez-vous ! Il y a des choses qu’on ne veut jamais apprendre au noir. Parce que je l’ai dit, je le répète mille fois, personne ne respecte le Noir. Il y a des choses qu’il faille développer nous-mêmes, pour imposer le respect, pour amener les autres à coopérer avec nous et nous voir d’un autre œil. Nous pouvons payer beaucoup de choses à travers le monde.

Mais lorsque vous demandez un transfert de technologie, on se bute. Parce qu’on ne veut pas transférer certaines technologies au Noir. Il y a même des gens qui, lorsque vous demandez à ce qu’on vous montre certaines choses, on vous demande, ce que vous voulez en faire? La question est, qu’est-ce qu’un nègre va faire avec ça ? Et d’ailleurs, ce n’est pas dans l’habitude du Noir de demander la technologie, la connaissance.

Le Noir est un consommateur. Pendant que nous, notre idéologie, aujourd’hui, est aux antipodes de cette considération, nous ne voulons pas être vus de cette manière. Et pour ne pas être vus de cette manière, il faut que nous impactions le monde, que nous prouvions que nous pouvons faire quelque chose. Cela va conduire les gens à changer de vision, de paradigme, et maintenant commencer à coopérer avec nous de façon saine. C’est très important. Et pour le faire, il faille que nous changions de paradigme, créer, produire et transporter ce que nous avons.

Nous ne pouvons pas le faire, si ce n’est pas à travers ce que nous faisons actuellement, mettre l’accent sur la ressource humaine. Car, détrompez-vous, quiconque pense que le développement, ce sont les grands immeubles, les infrastructures routières etc. a tout faux. Le développement commence d’abord par la qualité de la ressource humaine que vous avez. Beaucoup de pays se sont basés uniquement sur les idées, les investissements directs étrangers, c’est-à-dire faire venir des investisseurs, créer des entreprises. Et là, comme je l’ai dit, si la mondialisation venait à s’arrêter, et que chacun doit retirer ses capitaux, vous vous rendez compte que vous n’êtes pas du tout développés en fait.

Puisque vous ne produisez rien, vous n’êtes que des employés d’un système capitaliste. Nous, nous ne sommes pas dans cette idéologie et nous voulons être nous-mêmes. Et pour parvenir, il nous faut de la ressource humaine de qualité. C’est ce que je disais aux enseignants : c’est vous qui pouvez créer cela. Le processus va de la maternelle, jusqu’à l’université. Et encore félicitations et merci pour le combat que vous menez, pour nous donner de la vraie ressource humaine capable de changer les choses. Restez concentrés, focus sur la vision des changements positifs de notre société.

Formez des ingénieurs en mécanique, mécatronique, électronique…
Et vous lauréates, vous devez impacter vos jeunes frères et sœurs qui sont aujourd’hui brevetés et dans les classes inférieures. Vous devez les impacter positivement pour les amener à ne pas avoir peur des filières scientifiques, à s’intéresser aux sciences et à la technique et être demain ceux qui vont contribuer à construire notre patrie. Autrement, si nous restons passifs et que nous n’avons pas cette bonne ressource humaine, il faut dire adieu au développement et il faut donc dire pour toujours oui à l’esclavage. Parce que nous sommes comme des esclaves.

Nos matières premières ne nous appartiennent pas. On vient prendre, on transforme et on nous revend. Nous devons mettre fin à cela. Nous passons le temps à passer le message à la jeunesse africaine. De plus en plus, nous continuons de prêcher, mais notre mission ne peut pas se faire souvent sans une thérapie de choc. Souvent on nous trouve virulent, on nous trouve violent dans nos propos, mais nous serons de plus en plus virulent et violent. Parce que je l’ai dit, il y a certains qui sont congénitalement aliénés, génétiquement esclaves.

On ne pourra rien faire pour eux. Il y a d’autres aussi qui n’ont aucune dignité. Ils ont perdu toute notion de dignité humaine, surtout les valeurs africaines que nos ancêtres nous ont léguées. Tout ce qu’ils savent c’est prendre des miettes et ils sont sur les réseaux sociaux pour débiter des inepties. Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Ce sont des gens qui, normalement, peut-être même dans les kiosques de liqueurs frelatées au quartier, n’ont pas le droit à la parole, mais sur les réseaux sociaux, ils dénigrent tout. Il faut éviter cela et il ne faut pas faire attention à de tels propos.

Beaucoup d’Africains ne croient pas en eux et vous l’aurez remarqué sur les réseaux sociaux. Quand un Africain crée ou invente quelque chose, a priori, ceux-là qui disent que c’est faux, ce sont des Noirs. Cela fait tellement honte qu’un nègre le dise. C’est comme je l’ai dit, il se place dans l’une ou l’autre des catégories. Soit génétiquement il est esclave, on ne peut rien faire pour lui, ou bien il n’a aucune dignité, il n’a aucune valeur africaine pour changer de paradigme. C’est ce que nous combattons et nous allons continuer le combat, jusqu’à ce que ces individus, avec le minimum de cervelle qui reste dans leur tête, puissent au moins découvrir quelques neurones et commencer à réfléchir un peu. Ils sont nombreux sur les réseaux sociaux malheureusement.

Comme ils n’ont rien dans la tête, ils ne font que parler. Ils écrivent et racontent n’importe quoi. Ne vous laissez jamais emporter par leurs discours. Vous êtes capables de tout faire. Ça commence par-là ; la confiance en soi.
Tout ce que les gens sont en train de faire dans ce monde, vous êtes aussi capables de le faire. C’est cette conviction que je veux que la jeunesse incorpore dans le logiciel qui est dans le cerveau.

Et une fois qu’on s’est dit cela, on se bat pour atteindre son objectif. Est-ce que vous me comprenez un peu ? Ne vous fixez pas de limites vous êtes en mesure de tout faire. Parce que demain, nous attendons de vous des ingénieurs en mécanique, mécatronique, électronique, des ingénieurs en physique, en astrologie. Vous êtes capables de tout faire. Et vous devez vous donner des objectifs et les atteindre, quoi qu’il en coûte. Il ne faut jamais avoir peur d’échouer une ou deux fois. Il faut persévérer lorsqu’on a un objectif. Quand nous, nous regardons la guerre, mais comment allons-nous faire ? Allons-nous passer tout le temps à payer, à consommer?

Alors que quand même, on a un minimum de cerveau. Et on a prié Dieu et nos ancêtres méritants qui dorment sous cette terre, de nous donner l’intelligence et le courage d’y arriver. Et de faire en sorte que les intelligences se croisent pour créer quelque chose. Et ça, c’est en train d’arriver. Je vois que dernièrement, la RTB a sorti le film sur nos véhicules blindés que nous produisons. Vous avez dû remarquer la réaction de certains Noirs. Ce qui fait mal, ce ne sont pas les Blancs qui réagissent ainsi. Ce sont les nègres. Non, c’est faux. Non, le Noir n’est pas capable de faire ça. Non, c’est quoi ceci ? Vous voyez jusqu’à quel niveau nous sommes ? Et si on n’est pas virulent avec ces gens, ils peuvent comprendre et se réveiller. Et s’ils ne se réveillent pas, ils resteront ce que moi j’appelle les déchets de la société.

Les lauréates de la première édition de Hakili Mousso ont écouté le chef de l’Etat avec beaucoup d‘intérêt.

Ils ne servent à rien, ils ne peuvent pas impacter, ils ne peuvent rien changer. Leur rôle, c’est d’être là, à débiter des inepties, les railleries et décourager la jeunesse. Nous les combattrons toujours. Quand quelqu’un qui a un peu d’intelligence voit une telle information, il va chercher à comprendre au moins. Internet est là pour ça. Tout le monde peut entrer sur Google, faire quelques recherches. D’abord, quelle est cette société dans ce monde-là qui peut fabriquer un véhicule entièrement seul ?

Vous en connaissez ? S’il a un peu d’intelligence, il sait qu’au moins, le pneu même est fabriqué ailleurs. Il n’y a pas cette société Mercedes ou BMW qui fabrique ces véhicules, qui fabrique aussi les pneus. Vous verrez peut-être que les pneus des voitures Mercedes sont de marque Michelin. Qui fait des véhicules et fabrique des fils électriques ou des vitres en même temps ?
Secundo, certains ont dit que les Burkinabè ne peuvent pas le faire parce qu’ils n’ont pas fabriquer le moteur. Allez-y au moins chercher sur Internet. Utilisez le peu de cerveau qui vous reste pour chercher à comprendre. Il ne faut pas chercher à décourager, à dénigrer ceux qui osent.

« La société burkinabè qui fabrique nos blindés s’appelle Faso Armored »
Je vais vous donner des exemples, peut-être que ce sont des informations pour certains aussi. Je vous donne une idée de quelques blindés qui se fabriquent un peu, qui sont connus, qui sont étudiés dans la sous-région. Au Burkina, par exemple, quand nous étions au Darfour, les premiers blindés du Burkina, c’était des Caspir. C’est une fabrication sud-africaine, mais le moteur est Mercedes. Aujourd’hui, vous venez dans notre région, vous trouvez ce qu’on appelle les Bastion ACMAT, une fabrication française.

Les blindés qui sont un peu partout dans tous les pays francophones ici, sont payés à près de 500 millions F CFA, l’unité, mais les moteurs sont Perkins ou Cummins. C’est britannique. Mais on les payait. Vous prenez les VAB, ce qu’on appelle les VAB français ou turcs. Les moteurs sont MAN, de fabrication allemande. Vous prenez le Bushmaster australien dont on a déjà parlé, ce sont des produits australiens mais le moteur est Caterpillar. Je peux citer tant de blindés, rares sont ces pays qui peuvent fabriquer leur moteur électrique eux-mêmes.

Mais c’est un travail scientifique qu’on fait. Quelle est votre situation de guerre ? C’est ce que nous vivons. Qu’est-ce qu’on veut pour nos hommes en fonction de notre terrain et de notre situation ? C’est un travail scientifique qu’il faut faire pour créer quelque chose qui s’adapte à votre contexte. C’est ce que nous avons essayé de faire depuis 2023. Nous réfléchissons. Nous avons échoué au début sur des modèles. Mais aujourd’hui, nous avons un modèle qui est presque parfait, qui fait notre fierté. Et je vous donne une anecdote.

L’année passée, nous voulions payer trois hélicoptères parce qu’on en a besoin pour les évacuations sanitaires. Et ça traînait. Donc, quand nous les avons relancés, ils nous ont dit : « Mais vous êtes riches. Il faut évacuer par les ambulances. Vous voulez évacuer par les hélicoptères ? » Nous avons dit : « Ah oui, vous ne comprenez pas notre contexte de guerre. Vous, vous avez des routes. Vous pouvez évacuer par ambulance. Nous n’avons pas de route ici. De nos positions vers l’arrière, nous n’avons pas de route.

Nous sommes obligés de faire par hélicoptères. » C’est plus onéreux mais nous sommes obligés de faire. Si on veut évacuer nos blessés par la route, ils vont tous mourir. Ils ne comprennent pas notre guerre. Deuxièmement, vous prenez les blindés qu’on paye de l’extérieur, de l’OTAN. L’OTAN a fixé, par exemple, des normes : STANAG 1, 2, 3, ainsi de suite parce qu’ils ont un concept de guerre qui fait que, telle arme doit être engagée à telle distance, ainsi de suite.

Donc, vous trouvez ces blindés qui résistent aux tirs de 7,62, par exemple. Mais ici, dans notre guerre, vous tombez dans une embuscade où la mitrailleuse 12,7 est à moins de 30 mètres de vous. Ça perfore. Ce n’est pas adapté. Vous payez des blindés qui sont faits pour des pays qui ont des goudrons un peu partout. Ici, on n’a pas de route. Qu’est ce que vous faites ? Donc, nous avons réfléchi pour créer quelque chose qui s’adapte à nos conditions, qui est résistant et peut supporter ces tirs de 12,7, même à moins de 15 mètres, qui peut s’adapter à notre terrain, aller partout et qui est efficace, facile d’entretien. Voilà un travail scientifique qui a été fait. Une société a été créée. Ce secret, on ne le montre à personne.

Ceux qui ont demandé aussi à voir la société, ils ne le verront jamais. Elle est purement burkinabè, réfléchie par une entreprise burkinabè, construite par une entreprise burkinabè. Et la société qui fabrique ces blindés-là s’appelle Faso Armored. C’est une société qui a été créée, mais on ne l’inaugure pas et on ne va pas l’inaugurer. Et ce n’est pas la seule société d’ailleurs. On a beaucoup de sociétés, quatre ou cinq, qui ont été construites dans le domaine de la guerre uniquement, qui fabriquent certaines choses, qu’on ne dira pas pour l’instant.

Et c’est pour ça qu’on a besoin de vous. Nous nous rendons compte que nous avons besoin de vous, surtout vous les femmes scientifiques, parce que dans une de ces sociétés, par exemple, il y a des choses qu’on fabrique. Les femmes sont plus attentionnées que nous les hommes, dans l’assemblage de certains composants électroniques.

Vous comprenez ? Donc, on a besoin de la participation de chacun dans cette guerre. Et cette société a été construite. Nous y fabriquons nos blindés depuis novembre 2025. La société a produit près de 300 blindés, de type normal. On ne le dit à personne. Nous savons ce que nous faisons. Plus de la moitié de cette production est déjà prépositionnée sur le terrain pour de grandes opérations à venir et nous continuons notre production. Celui qui veut croire, qu’il croit, celui qui ne veut pas croire, c’est son problème, nous on avance. Et ces sociétés ont besoin de vous parce que là-bas, c’est de la mécanique, c’est de la chimie, c’est de la physique. Vous comprenez ? Je veux vous parler en tant qu’ingénieurs, je ne suis pas ingénieur de formation, mais j’ai un peu basculé.

Ces gens qui parlent, ils ne peuvent jamais vous donner la composition d’un acier qui va être résistant à ces balles dont je parle. Ils ne savent rien du chrome, du nickel, du vanadium, du fer, ou autre qu’il faut mélanger pour avoir un acier. Ils ne savent rien de ce qu’est la trempe. Ce sont des gens qui ne connaissent rien de ce qui est engrenage pour modifier une boîte de transfert ou pour augmenter ou diminuer le couple d’un moteur. Ils n’ont que ces inepties à débiter tous les jours. Mais ils ne connaissent rien. Soyez fiers de vous et ne soyez pas comme ces gens-là. Apprenez parce que vous serez utiles à la société. Mais eux, ils seront, comme je l’ai dit, les déchets de la société.

C’est aussi simple que cela. Donc, continuez d’apprendre parce que vous voyez là où la science nous mène à créer quelque chose de palpable qui va impacter la vie des soldats et qui va protéger votre patrie. Et par-delà tout, ce blindé demain peut s’exporter et être partout en Afrique. Et d’ailleurs, ce n’est pas le seul modèle. D’autres modèles ont été développés, testés et sont en cours de production. Vous les verrez bientôt. Donc, on avance. Et si le Burkina décide d’avancer, c’est à cause de la qualité de la ressource humaine. Et cette ressource humaine se prépare maintenant.

Donc, il faut que vous compreniez l’importance de tout ce que nous faisons. Quand nous disons aux jeunes d’aller vers les filières scientifiques, c’est que c’est ainsi uniquement que nous pourrons nous développer. Tout ce que j’ai cité, vous sortirez, vous écouterez encore et vous verrez que vous avez besoin de comprendre les mathématiques, la physique et surtout la chimie, qu’elle soit minérale ou organique. Quelqu’un qui n’impacte pas la vie par son intelligence est comme un ennemi de Dieu. C’est comme si tu dis que Dieu n’a pas eu raison de te donner cette intelligence. Donc, exploitez votre intelligence à bon escient.
Vos devanciers, tel que vous l’avez dit, vous ont conseillé sur votre hygiène de vie en tant que femmes scientifiques. Prenez ces conseils en compte.

C’est très important. Vous êtes très jeunes et vous devez savoir contrôler votre hygiène de vie. Et si vous devez être sur les réseaux sociaux, il faut impacter positivement les autres jeunes. Vous devez être des modèles de votre génération actuelle. Vous devez être des modèles pour les générations qui sont en train de monter. C’est à ce seul prix que nous allons nous développer et être considérés un peu dans la sphère mondiale. Sinon, dans cette géopolitique actuelle, si un pays n’est pas fort, je vous le dis, je vous le répète, les faibles vont disparaître. Travaillez à être fort. Et travailler à être fort, se fait dans une relative autarcie. Il faut que nous arrivions à le faire entre nous, à créer.

Et celui qui pense qu’il ne peut pas, qu’il sache que je vous le dis encore, je le répète, ces usines dont je parle, personne sur cette planète ne peut dire qu’il nous a donné un document, une idée ou qu’il a participé à quoique ce soit. C’est purement burkinabè. Personne n’a participé scientifiquement à quoi que ce soit au développement de tout ce que nous faisons. Personne. C’est pour dire que nous pouvons, parce que ce n’est pas une usine qui est quelque part dans le monde qui est venue ici mettre sa filiale pour faire un montage. Non. Tout a été conçu ici. Pour adapter le poids, la résistance, les suspensions et l’entretien, pour que tout soit facile pour nos combattants sur le terrain. Donc, c’est une réflexion scientifique qui a été menée uniquement ici, à partir de zéro.

Donc c’est possible. Et c’est ce que je veux que vous puissiez, surtout vous, enseignants, faire comprendre aux enfants à chaque fois. C’est possible. Nous pouvons partir de zéro si les gens ne veulent pas nous aider à arriver à un certain niveau. Il faut donc repartir dans la réflexion scientifique, prendre en compte nos valeurs endogènes, nos connaissances d’antan et créer. Je peux compter sur vous les lauréates pour impacter votre génération et sur vous les enseignants, pour changer la mentalité depuis l’école et emmener les jeunes à avoir confiance en eux. Et nous, nous ferons tout ce que nous pouvons pour mettre à votre disposition le minimum pour pouvoir faire des expériences avec eux et qu’ils découvrent certaines choses.

Pourquoi ils apprennent les mathématiques ? Pourquoi ils apprennent les sciences physiques ? Pourquoi ils doivent apprendre la chimie ? Quelle est la finalité ? Parce que souvent, c’est ce qui manque aussi dans notre instruction. On vous fait apprendre des matières et vous ne savez pas en quoi ça sera utile dans la vie de demain. J’ai pris un exemple palpable tout de suite pour vous dire quelle est la finalité de certaines choses que nous faisons. Vous devez pouvoir prendre des exemples à chaque fois que vous mettez une équation chimique au tableau. Vous devez pouvoir dire aux enfants pourquoi elle peut nous servir dans la vie de demain.

Cela donne de l’engouement et nous permet d’avancer. Bonne chance à tous et encore félicitations. Je ne sais pas maintenant où est-ce que les enseignants pourront passer leur dernier mois de vacances. Pendant que les vacances sont presque finies, vous leur donnez un mois de vacances. Mais je pense que c’est rattrapable. En tout cas, félicitations. J’ai beaucoup apprécié et j’espère que les sessions prochaines, que ce soit féminin ou masculin, nous aurons encore plus d’engouement que cette année. Déjà, vous allez motiver les jeunes à s’orienter vers la seconde C. Nous allons construire autant d’universités et bien les équiper pour permettre, après ce cycle de baccalauréat, de commencer à former la vraie ressource humaine qui va développer notre patrie.

Bon vent à chacun. Bonne suite de vacances pour les petites vacances qui vous restent. Je vous souhaite une très bonne semaine et nous nous retrouverons très bientôt. Peut-être que certains enseignants seront là et vous, on vous attend dans nos différentes sociétés. Surtout, créez des entreprises vous-mêmes dans quelques années pour être des entrepreneurs, ingénieurs. Il faut entreprendre pour former, fabriquer, concevoir et faire quelque chose d’utile pour notre société.

Vive notre chère Patrie, la Patrie ou la Mort, nous vaincrons ! ».

Propos retranscris par la Rédaction

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