Dans cette tribune que nous vous proposons en intégralité, le Dr Béidé, essayiste, lève un coin de voile sur le « terrorisme passif » mené par des acteurs économiques et des agents de la Fonction publique et propose des solutions à son éradication.

Le combat pour la libération totale de nos nations ne se joue pas uniquement sur les lignes de front, face aux hordes terroristes armées. Il existe une autre guerre, plus sournoise, plus vicieuse, qui se mène à l’intérieur même de nos villes et de nos
campagnes. C’est le terrorisme passif. Ce concept, développé dans mon dernier ouvrage, trouve un écho direct dans la vision de rupture radicale portée par le camarade
capitaine Ibrahim Traoré : celle d’une lutte implacable contre tous les saboteurs de la Patrie, qu’ils portent des armes ou qu’ils se cachent derrière des complets-vestons dans des bureaux climatisés.

Le terrorisme passif est une entreprise délibérée de déstabilisation psychologique, économique et sociale. Ses armes ne sont pas les kalachnikovs, mais la spéculation sur les prix, la rétention stratégique des produits de première nécessité et le blocage bureaucratique des services publics. Son objectif ? Maintenir la population dans un état de traumatisme permanent, d’incertitude et de survie au jour le jour, afin de briser l’élan de solidarité nationale et de saper la confiance envers l’Etat
révolutionnaire.

L’asphyxie économique : le complot des spéculateurs

Comme le rappelle fermement le camarade capitaine Ibrahim Traoré dans ses adresses mémorables aux forces vives de la Nation, la Patrie ne peut tolérer les commerçants véreux et les importateurs
apatrides qui s’enrichissent sur le dos du peuple en lutte. La hausse artificielle des prix du riz, de l’huile ou du ciment n’est pas le simple fait d’une conjoncture internationale
défaillante ; c’est un chantage au ventre.
En dissimulant des stocks pour créer des pénuries artificielles, ces spéculateurs organisent l’humiliation de nos mères et de nos jeunes dans des files d’attente interminables. C’est une stratégie de sabotage économique visant à faire douter le peuple de sa capacité à être souverain. Face à ce terrorisme en col blanc, la vision du camarade capitaine Ibrahim Traoré est claire : la traque de ces profiteurs de crise doit être aussi rigoureuse que celle menée dans les forêts et les brousses.

Le sabotage institutionnel ou la trahison des bureaux

L’autre visage de cet ennemi invisible se tapit dans les couloirs de l’administration. Le terrorisme passif se manifeste par une bureaucratie barrière, où la corruption systémique et le laisser-aller transforment le service public en un parcours du combattant pour le citoyen ordinaire.
Rendre l’eau, l’électricité, les soins de santé ou l’éducation inaccessibles au peuple est une forme de complicité passive avec l’impérialisme.
Le capitaine Ibrahim Traoré a maintes fois dénoncé cette léthargie et ces lourdeurs
administratives qui s’apparentent à une trahison interne. Lorsque des fonctionnaires refusent de servir le peuple avec diligence, ils nourrissent le traumatisme collectif et maintiennent la population dans l’incertitude. La révolution en cours exige un assainissement des institutions : le service public doit redevenir l’armure du peuple, et non l’arme de son découragement.

L’arme absolue : l’éveil des consciences et la souveraineté civile

Le terrorisme passif ne prospère que grâce à notre propre accoutumance et au réflexe de l’individualisme. Face à cette agression psychologique, la réponse ne peut pas être passive. Elle réside dans l’éveil des consciences et l’organisation patriotique des populations, des principes chers au camarade capitaine Traoré. Pour vaincre ce monstre invisible, nous devons :
– Nommer l’ennemi : refuser les termes mous de « crise » et dénoncer haut et fort le sabotage économique ;
– Bâtir des structures alternatives : promouvoir les circuits courts, consommer local, et soutenir les coopératives communautaires pour court-circuiter les cartels ;
– Exiger la reddition des comptes : surveiller la gestion de nos services publics au niveau local et rejeter fermement toute forme de corruption et de favoritisme.
La libération de nos territoires est globale. La résistance se joue au front, mais la victoire se consolide dans nos marchés, dans nos administrations et dans nos esprits. En opposant la solidarité populaire à l’individualisme de survie, et la
vigilance citoyenne à la manipulation économique, nous
dissiperons définitivement l’ombre pour faire briller la lumière d’une souveraineté retrouvée. La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons !

Dr Jacob Harmeu BÉIDÉ
Auteur, Essayiste

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