Le 3e Sommet Russie-Afrique se tient, les 28 et 29 octobre prochain, à Moscou. A l’occasion, nous vous proposons une tribune de l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso, Igor Martynov.

Les 28 et 29 octobre 2026, Moscou accueillera le Troisième sommet Russie-Afrique, qui a pour objectif d’analyser l’état des relations russo-africaines et de leur donner un nouvel élan, compte tenu de l’évolution rapide de la situation sur le continent africain.

Les relations russo-africaines ont des racines profondes dans l’histoire. C’est en effet l’Union soviétique qui a joué un rôle de premier plan dans l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, puis qui a systématiquement contribué à l’émergence des jeunes Etats africains, au développement de leurs économies nationales, ainsi qu’à la mise en place de systèmes d’éducation et de santé. Il est symbolique que la Fédération de Russie, en tant que successeur de l’URSS, plaide activement, à l’ONU et dans d’autres instances internationales, en faveur d’un renforcement du rôle des pays africains.

Nous considérons comme inaliénable le droit des Africains à déterminer eux-mêmes leurs voies et leurs modèles de développement, ainsi qu’à choisir leurs partenaires internationaux. Nous soutenons la consolidation des efforts des Etats africains et la création d’unions et d’associations panafricaines visant à faire du continent africain un pôle d’influence au sein d’un ordre mondial multipolaire.

La Russie et l’Afrique sont des alliés historiques dans les relations internationales. Nous appelons les colonisateurs occidentaux à rendre des comptes pour le pillage des pays et l’extermination des populations africaines. Nous saluons une implication plus large des pays africains dans les activités du groupe BRICS, qui joue un rôle de plus en plus important dans la promotion des aspirations collectives du Sud Global et de la majorité mondiale. Dans l’esprit du principe « des solutions africaines aux problèmes africains », nous contribuons au règlement des conflits régionaux et au renforcement des capacités des Etats du continent à lutter contre le terrorisme, ainsi que contre d’autres menaces et défis.

Nous n’avons pratiquement aucun différend avec aucun pays africain. Je tiens à souligner que le niveau de confiance mutuelle entre nos peuples est très élevé. Tout d’abord parce que nous n’avons jamais exploité l’Afrique, ni considéré

ce continent comme une simple source de matières premières. Au contraire, nous accordons la priorité à la mise en œuvre de projets d’investissement qui aident les pays africains à exploiter leurs propres ressources, à renforcer leurs capacités industrielles et à améliorer la qualité de vie de leur population.

Nous accordons une grande importance à la coopération commerciale, économique et en matière d’investissements. Il est réjouissant de constater que les échanges commerciaux avec l’Afrique connaissent une croissance soutenue. A l’heure actuelle, nos priorités sont les

suivantes: accroître les échanges de marchandises avec les pays d’Afrique subsaharienne, élargir les livraisons de produits africains sur le marché russe et mettre en place des mécanismes de règlements mutuels utilisant les monnaies nationales.

Les commissions intergouvernementales chargées de la coopération commerciale, économique, scientifique et technique avec les pays africains jouent un rôle important dans le renforcement des liens dans les milieux d’affaires. En février 2026, un accord a été signé en vue de la création de la Commission intergouvernementale russo-burkinabè sur la coopération commerciale, économique, scientifique et technique; sa première réunion devrait se tenir d’ici la fin de cette année.

La Russie a des atouts à proposer à nos partenaires dans les domaines de l’énergie, de l’exploitation des ressources minérales, de la logistique et des transports, de la mise en place d’infrastructures, ainsi que dans les secteurs de haute technologie, notamment les technologies numériques et l’intelligence artificielle. Nous sommes prêts à partager nos technologies et notre expertise en agronomie et en sélection végétale, dans la production d’engrais, l’irrigation et la pêche.

Nous continuons à renforcer la coopération russo-africaine dans les domaines de l’agriculture, de la santé et de la prévention et de la gestion des situations d’urgence. Les laboratoires mobiles russes et les moyens de diagnostic des maladies infectieuses sont très demandés en Afrique. En décembre 2025, un laboratoire mobile du Service fédéral de surveillance de la protection des droits des consommateurs et du bien-être humain (Rospotrebnadzor) a été livré gratuitement au Burkina Faso, et en avril 2026, des formations ont été organisées à l’intention des médecins burkinabè sur la lutte contre les épidémies.

Notre pays accorde une grande attention à la jeunesse africaine, en particulier à celle du Burkina Faso. Actuellement, 72 étudiants burkinabè sont inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur russes. En 2026, le nombre de places au titre du contingent éducatif attribué au Burkina Faso a été porté à 67. Je tiens à souligner que les établissements d’enseignement russes forment des spécialistes de premier ordre dans tous les domaines de l’économie.

Je suis convaincu que le Troisième sommet Russie-Afrique constituera une étape importante dans le partenariat d’égal à égal et tourné vers l’avenir entre la Russie et l’Afrique, ainsi qu’entre la Fédération de Russie et le Burkina Faso, fondé sur le respect mutuel des intérêts de chacun.

 

Igor Martynov

Ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso

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