Des forages à prix subventionnés seront mis au profit des agriculteurs agropastoraux.

Le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques a annoncé jeudi 8 octobre 2026, à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse, la mise en œuvre de l’opération spéciale de réalisation de forages à prix subventionné, dans le cadre de la campagne sèche 2026-2027.

Le gouvernement burkinabè va subventionner la réalisation de forages au profit des producteurs agropastoraux afin de faciliter leur accès à l’eau et de soutenir la campagne sèche 2026-2027. C’est dans cette dynamique que le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques a annoncé la mise en œuvre de cette opération spéciale, le jeudi 8 octobre 2026 à Ouagadougou. Le plan d’urgence de la campagne sèche 2026-2027, selon les conférenciers, comprend dix opérations spéciales de mobilisation de l’eau pour produire dès cette campagne et irriguer 50 000 hectares supplémentaires d’ici au 31 octobre 2027. Il prévoit la réalisation de 750 forages à prix subventionné pour soutenir les producteurs. D’un coût global de 254,79 milliards F CFA, ces opérations visent à rendre productif le patrimoine existant inexploité et à créer de nouvelles superficies irriguées.

Des structures comme l’Agence Faso Mêbo, l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH), la Société nationale de l’aménagement des terres et de l’équipement rural (SONATER), le génie militaire, 8 000 « VDP agricoles », 17 ateliers de forage et 4 626 artisans nationaux devraient être mobilisés. L’appel à candidatures s’étend du 12 au 18 octobre 2026, avec des dépôts en ligne et physiques pour les souscripteurs aux forages à prix subventionné. Le secrétaire technique de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique, Amos Kienou, a rappelé que la première année de mise en œuvre de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028 a été marquée par des séquences sèches parfois difficiles au cours de la campagne agricole humide 2026-2027. « Certes, ces séquences ne remettent pas fondamentalement en cause la sécurité alimentaire du Burkina Faso, mais rappellent la nécessité de dépendre moins des aléas pluviométriques », a-t-il indiqué. C’est pourquoi, a-t-il justifié, un plan d’urgence de la campagne sèche 2026-2027 a été élaboré en réponse à cette situation. « C’est un plan ambitieux d’un niveau jamais égalé dans notre pays », a assuré Amos Kienou.

Une instruction ferme du chef de l’Etat
Le Directeur général (DG) de la Société Faso Agropôles (SOFA), Oula Damien Ouattara, a rappelé que le plan d’urgence découle d’une instruction du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, adressée au gouvernement et portée par le ministère en charge de l’Agriculture. « La campagne en cours a été marquée relativement par une pluviométrie peu satisfaisante, jalonnée de poches de sécheresse. Beaucoup d’études montrent que ces types d’épisodes secs pourraient, dans les années à venir, devenir beaucoup plus fréquents », a relevé le DG de la SOFA. Face à ce risque qui se profile à l’horizon, a-t-il dit, le Burkina Faso peut s’appuyer sur sa capacité estimée à 30 000 hectares (ha) de périmètres irrigués techniquement exploitables actuellement.

« Nous avons de grandes potentialités en eaux de surface, notamment les barrages dont les curages sont en cours, en eaux souterraines, en terres et en superficies facilement aména-geables et irrigables. Il nous faut donc prendre en urgence des dispositions pour changer ce contraste », a laissé entendre Oula Damien Ouattara. Il faut, a-t-il affirmé, dans un premier volet, mettre à profit l’ensemble des eaux souterraines, entre autres, avec une cible de 750 forages pour cette campagne sèche. Dans un second volet, il a relevé qu’il est question de réduire durablement la dépendance à la pluie. « Cela porte essentiellement sur des terrassements urgents d’environ 62 500 ha, préparant le terrain pour un aménagement commando de 50 000 ha. Ce, pour nous faire gagner en échelle en termes de capacité de périmètres irrigués disponibles et d’équiper ces aménagements avec des ouvrages hydroméca-niques », a noté Oula Damien Ouattara. A son avis, il va s’agir de passer d’environ 30 000 ha de superficies irriguées effectivement exploitables à un seuil de 80 000 ha.

Boukary BONKOUNGOU

Laisser un commentaire