Le chef de service photo, Remi Zoeringré : « nous avons le devoir de montrer un Burkina Faso résilient ».

La communauté internationale a célébré, le 19 août 2026, la journée internationale de la photographie. Dans cette interview, le chef de service photojournalisme des Editions Sidwaya nous explique l’importance de la photo dans l’univers médiatique, son rôle dans la valorisation de la destination Burkina et surtout sa contribution à la paix au Faso.

Sidwaya (S.) : Le monde a célèbré hier la Journée internationale de la photographie. Que représente pour vous cette commémoration ?

Remi Zoéringré (R.Z.) : A l’image de toute date commémorative, elle est un moment de célébration, de bilan et de perspectives et la date du 19 août instituée en 2010, rend hommage à l’art, à l’histoire et à la science de la photographie. En rappel, c’est en 1839 que le brevet de création de la photographie a été octroyé à Louis Daguerre. Cette date me rappelle le premier procédé de capture d’image permanente. Elle est pour moi, une occasion de rendre hommage aux devanciers et de prendre conscience de la situation de notre profession et d’envisager l’avenir avec bien entendu les collègues et tous les amoureux de la photographie.

S. : Comment analysez-vous la contribution de la photo à l’information des lecteurs de Sidwaya ?

R.Z. : La photographie a toujours été au service de l’information et de la communication. En ce sens, elle joue un rôle dans le traitement de l’information. Dans le temps, l’information était plutôt constituée de photographies et de légendes bien avant que le Carrefour africain et Sidwaya ne naissent. De nos jours, la photographie joue le rôle d’illustration et d’information dans les colonnes du quotidien et des autres titres des Editions Sidwaya à savoir le Carrefour africain et Sidwaya Sport. Pour ma part, la photographie donne de l’assurance de la crédibilité de l’information rendue par Sidwaya, qui le lui rend très bien, en ayant le plus grand nombre de photographes professionnels à son service.

S. : A l’ère du tout numérique, quelle est la place de la photographie ?

R.Z. : Naturellement, cette question est sur toutes les lèvres et reste pour nous une préoccupation à quelques détails près. Surtout que l’IA vient réduire le temps de traitement et minimiser la frontière entre le réel et le virtuel. Il est essentiel de voir l’IA non pas comme une menace mais une chance d’évoluer. Elle permet d’explorer un autre monde et pour les photographies commerciales, l’IA offre une belle occasion de diversifier les productions pour les clients. Cependant, la photographie de presse a besoin de crédibilité, tandis que la photographie d’art, elle a besoin d’émotions. En somme, la sensibilité artistique et le savoir-faire du photographe professionnel, telles que la narration, l’émotion et l’interprétation artistique, ne peuvent pas être imités par une machine.

S. : Quels sont les défis pour les photoreporters en général et ceux de Sidwaya dans le contexte de reconquête du territoire ?

R.Z. : Le défi pour chacun de nous c’est de contribuer au retour de la paix. Suivant la déontologie de la profession et la ligne éditoriale de Sidwaya, le leitmotiv c’est de communiquer à travers les images pour une assurance dans ce contexte que nous vivons. A travers la rubrique «L’image de la cité», nous visons des faits de société à bannir et nous contribuons à la promotion du patrimoine culturel du Burkina.

S. : De plus en plus les autorités prônent la destination Burkina et la valorisation des sites touristiques du pays. Quelle peut-être la contribution des photographes à cette invite ?

R.Z. : Lorsque vous suivez les publicités sur les smartphones et autres portables androïd la photographie est de mise, c’est-à-dire que la qualité de l’image que peut rendre l’appareil est plus mise en vigueur. La réponse, elle est simple: la contribution incompressible de l’image dans la promotion d’un outil, d’une personne voire d’une Nation. D’ailleurs, ne dit-on pas qu’une photographie vaut mille mots. Nous saluons à cet effet, le concours organisé chaque année par Faso Tourisme, dont l’objectif est de valoriser la contribution de la photographie dans la promotion de la destination Burkina. Reconnue comme un art visuel à part entière, la photographie reste le miroir de la société et les photographes qui captent et diffusent les émotions et les sites sont un maillon essentiel dans la promotion du patrimoine culturel.

S. : Quelle anecdote vous a le plus marqué lors de vos reportages ?

R.Z. : Nous étions dans un hôtel de la place pour une cérémonie dont la photo de famille devait se faire au bord de la piscine. A force de vouloir faire une bonne composition, nous avons dû repêcher un collègue dans la piscine. Mais tenez-vous bien que l’appareil seul est resté dans sa main hors de l’eau.

S. : Quel message avez-vous pour tous les professionnels de l’image du pays ?

R.Z. : Bonne fête à toutes et à tous ! C’est toujours une occasion de partage, de connexion et de création. Nous avons le devoir de montrer un Burkina vivant, résilient à travers toutes ses couches sociales et en ce sens, il n’y a jamais une image de trop. A vos objectifs et clic : faite une photo et une histoire s’offre à vous !

Interview réalisée par Nadège YE

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