Ouagadougou, 5 mai 2026 (AIB)-Le ministère en charge de l’Enseignement supérieur a annoncé, mardi, l’octroi exceptionnel d’un sursis d’un an aux étudiants afin de leur permettre de se conformer aux nouvelles dispositions légales sur les études. Celles-ci prévoient l’exclusion des étudiants ayant obtenu la moyenne de 00/20 dans plus de 40 % des matières d’un semestre de licence ou la moyenne de 00/20 dans plus de 30 % des matières d’un semestre de master.
« Dans le souci de permettre à tous les apprenants de se préparer aux exigences de ces nouvelles dispositions, il leur est exceptionnellement accordé un moratoire sur l’application de l’article 36 de l’arrêté n°2025-244 et de l’article 37 de l’arrêté n°2025-245, reportée pour l’année 2026-2027 », a annoncé le directeur de cabinet du ministère en charge de l’Enseignement supérieur, Honorat Roger Charles Nebié, mardi lors d’une conférence de presse.
Par conséquent, les étudiants initialement concernés par l’exclusion résultant de l’application de ces dispositions au titre de l’année académique 2025-2026 sont autorisés à se réinscrire afin de poursuivre leur parcours au titre de l’année académique 2026-2027, a précisé le directeur de cabinet.
En rappel, en août 2025, deux arrêtés portant respectivement sur le régime général des études du diplôme de licence et celui du diplôme de master dans les institutions publiques et privées d’enseignement supérieur ont été pris.
Ces textes visent à fluidifier les parcours d’études en harmonisant les moyennes de passage, en instituant la correction des rapports de stage en licence professionnelle, en mettant en place une session unique annuelle de rattrapage, entre autres.
Le directeur de cabinet a confié que les premiers résultats de l’application des dispositions de ces arrêtés révèlent que, sur plus de 36 000 étudiants inscrits, un nombre important n’a pas pris part aux évaluations ou a accumulé des notes nulles dans plusieurs disciplines.
Le secrétaire général du ministère, Samuel Paré, a indiqué que ces résultats traduisent des difficultés réelles, notamment le manque d’assiduité, le désengagement de certains étudiants, des problèmes d’orientation ou encore une préparation académique insuffisante. Il a également souligné la difficulté de planifier efficacement les activités pédagogiques lorsque les effectifs ne reflètent pas la réalité.
Face à cette situation, le gouvernement a décidé d’accorder un moratoire d’une année académique afin de permettre aux étudiants et aux établissements de mieux s’adapter à ces nouvelles règles, a-t-il affirmé.
Concrètement, les étudiants précédemment concernés par des exclusions pourront se réinscrire et poursuivre leur cursus. Cette décision est perçue comme une seconde chance, mais aussi comme un appel à la responsabilité.
Le secrétaire général a toutefois insisté sur le fait qu’il ne s’agit ni d’un recul ni d’un échec. Selon lui, les mesures adoptées restent pertinentes et ont été correctement appliquées, même si leur rigueur a surpris certains acteurs insuffisamment préparés.
M. Paré a par ailleurs affirmé que des actions de sensibilisation ont été menées, tout en reconnaissant la nécessité de renforcer la communication autour de ces réformes.
Le message des autorités est clair : l’année académique 2025-2026 constitue une phase de transition. À partir de 2026-2027, les nouvelles règles seront appliquées avec toute leur rigueur.
En attendant, ce moratoire offre aux étudiants l’opportunité de se ressaisir et donne au système universitaire le temps nécessaire pour s’adapter aux exigences d’un enseignement supérieur plus structuré et plus performant, assure-t-on ?
Agence d’information du Burkina
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