Le 4 août 1983 a marqué l’avènement de la Révolution démocratique et populaire (RDP) conduite par le capitaine Thomas Sankara et ses compagnons, à la faveur d’un coup d’Etat ayant porté le Conseil national de la révolution (CNR) à la tête du pays. Il y a 43 ans, la gouvernance de la Haute-Volta d’alors affichait une volonté de rupture avec les anciens modèles de développement, en plaçant au cœur de son action, la souveraineté nationale, la justice sociale, la mobilisation populaire et la dignité du peuple burkinabè. Un an plus tard, le 4 août 1984, la Haute-Volta devenait officiellement le Burkina Faso, pays des Hommes intègres, consacrant ainsi une nouvelle identité nationale fondée sur les valeurs d’intégrité, de patriotisme et de responsabilité collective.

La RDP a profondément marqué le pays par une série de réformes économiques, sociales, politiques et culturelles. Les campagnes nationales de vaccination, la construction d’écoles et de dispensaires, la promotion de la femme, la lutte contre la corruption, la réforme agraire, la recherche de l’autosuffisance alimentaire, l’appel à une gouvernance sobre et vertueuse ainsi que la volonté de réduire la dépendance extérieure ont constitué les principaux axes de la Révolution.

La vision de la RDP et de son leader, le capitaine Thomas Sankara reposait sur la conviction que le développement du Burkina Faso devait être porté d’abord par les Burkinabè eux-mêmes, grâce au travail, à la discipline, à la solidarité et à la valorisation des ressources nationales. 43 ans après, cette période est plus que d’actualité. En effet, la Révolution progressiste populaire (RPP), conduite par le capitaine Ibrahim Traoré, implémente, elle aussi, un projet centré sur la souveraineté, la transformation économique et la mobilisation des forces nationales.

Dans leurs orientations, la RPP met en avant le renforcement de la production agricole, la transformation locale des matières premières, le développement d’infrastructures, la valorisation de la culture nationale ainsi que la promotion d’une économie davantage fondée sur les capacités endogènes. Les initiatives telles que Faso Mêbo traduisent cette volonté de faire du travail, de l’engagement citoyen et de la participation populaire des leviers essentiels de la construction de la Patrie. A cela s’ajoutent les initiatives visant à atteindre l’autosuffisance alimentaire (Offensive agropastorale et halieutique), à encourager la consommation des produits locaux, à soutenir les unités de transformation, à renforcer les infrastructures publiques et à consolider les fondements d’une économie plus résiliente face aux chocs extérieurs.

La RPP s’inscrit ainsi dans une continuité de valeurs avec l’héritage de la RDP. Il s’agit de l’affirmation de la souveraineté nationale, l’autosuffisance alimentaire, le travail, la discipline, le développement endogène et la culture de la confiance des Burkinabè en leurs propres capacités. Cette dynamique s’inscrit toutefois dans un contexte particulièrement exigeant. Le Burkina Faso poursuit simultanément ses efforts de développement tout en faisant face à la menace terroriste.

Malgré ces contraintes, des avancées significatives sont enregistrées dans tous les secteurs, notamment ceux de l’agriculture, des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de la mobilisation des recettes et de la reconquête du territoire nationale et de l’autorité de l’Etat. La commémoration du 43e anniversaire de la Révolution démocratique et populaire rappelle que malgré les différences de contexte et de méthode entre les époques, l’ambition de bâtir un Burkina Faso souverain, prospère et maître de son destin est le même. Pour y arriver, les Burkinabè d’aujourd’hui sont appelés à devenir les héritiers de ces idéaux de patriotisme, d’intégrité et de responsabilité par le travail, l’unité et l’engagement citoyen.

Jean-Marie TOE

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