L’association Eduquer pour développer-éveil de conscience « EDEC » Burkina/Afrique a animé, une conférence de presse, le vendredi 24 avril 2026 à Ouagadougou. A l’occasion, la structure a fait le constat du port du faux Faso Dan Fani et du Koko Dunda contrefait dans les structures éducatives, de formation et d’enseignement du Burkina.
Le Faso Dan Fani et le Koko Dunda issus du coton burkinabè peinent encore à s’imposer dans les structures éducatives. C’est le constat fait par le président de l’association Eduquer pour développer-éveil de conscience « EDEC » Burkina/Afrique, Abdoulaye Kouanda, lors d’une conférence de presse, le vendredi 24 avril 2026 à Ouagadougou. Le président de l’association EDEC-Burkina/Afrique, Abdoulaye Kouanda a affirmé que malgré les efforts consentis par les autorités pour promouvoir le textile local, les pagnes importés et contrefaits dominent encore dans les établissements scolaires. Selon lui, les données collectées dans plusieurs régions, relèvent des disparités, mais une tendance générale préoccupante. Dans la région du Kadiogo, a-t-il indiqué, une part importante des écoles utilise le Faso Dan Fani, mais avec plus de 30% de pagnes non authentiques.
« Plus de 95% des établissements utilisant le Koko Dunda sont contrefaits ou importés », a-t-il précisé. La situation n’est guère différente dans la région du Guiriko a déploré M. Kouanda. Il a souligné que l’utilisation du Faso Dan Fani y est relativement élevée, mais reste entachée par une forte présence de contrefaçons, estimée à plus de 40%. Concernant le Koko Dunda, a-t-il dit, les produits importés ou falsifiés dominent largement le marché scolaire. Le constat est tout aussi préoccupant dans les autres régions. Au Djôrô, a-t-il expliqué, environ 20% des pagnes Faso Dan Fani utilisés sont également contrefaits ou importés. Toutefois, il a ajouté que la situation du Koko Dunda y est beaucoup plus alarmante, avec une proportion dépassant les 90 % de produits non authentiques dans les établissements.
Une insuffisance de contrôle
Face à ces chiffres, Abdoulaye Kouanda a dénoncé l’insuffisance des mécanismes de contrôle, tout en pointant du doigt certains acteurs du système éducatif. Pour lui, les choix de pagnes dans les écoles ne respectent pas toujours les orientations en faveur de la consommation locale. « Beaucoup d’élèves portent les pagnes importés ou contrefaits, parfois par ignorance ou pour des raisons de coût », a-t-il déploré. Par ailleurs, pour inverser la tendance, M. Kouanda appelle à une mobilisation collective. A cet effet, il a invité les populations à privilégier les produits locaux et à dénoncer les pratiques frauduleuses.
Répondant aux préoccupations des journalistes sur les critères permettant d’identifier un pagne Faso Dan Fani ou Koko Dunda contrefait, ainsi que sur la question de son accessibilité financière, le président de EDEC-Burkina/ Afrique, a apporté des précisions. De son avis, la notion du « faux » ou de « contrefait » s’apprécie au regard de la politique nationale de promotion du textile local. Il a expliqué qu’un tissu est considéré comme non authentique dès lors qu’il n’est pas confectionné à partir du fil national issu du coton produit au Burkina, conformément aux normes fixées par les autorités.
A l’en croire, l’objectif du gouvernement est de faire en sorte que ces tenues soient réalisées à base de matières premières locales et tissées par les artisans burkinabè. Abordant la question du prix, il a précisé que EDEC a plaidé auprès du gouvernement pour faire baisser le prix. Il a cité à ce titre, l’harmonisation des couleurs des tenues scolaires. « Si, une même couleur était adoptée à l’échelle d’une région, voire de tout le pays, la production en grande quantité favoriserait une offre abondante et, par conséquent, une baisse de prix », a-t-il déclaré.
Abdoulaye BALBONE
Fatimata ZOUNGRANA
(Stagiaire)
















































