Le président Idriss Déby élevé officiellement maréchal

Le président du Tchad a été élevé au grade maréchal à l’occasion des 60 ans de l’indépendance du pays. Lors de la cérémonie marquant l’évènement, Idriss Déby Itno a reçu les insignes et symboles liés à son grade.

Il s’agit d’une vareuse bleu sombre col doré et d’un sabre que lui a tendu le général Yaya Oki Dagache, grand chancelier de l’État.

Les attributs de la dignité de Maréchal confèrent officiellement au président un titre obtenu après un vote de la majorité des députés à l’Assemblée Nationale et ceux d’une partie de l’opposition.

“J’ai accepté ce titre Maréchal pour récompenser leur vaillance et leur sacrifice. Je voudrais dire à tous ces hommes et femmes que je porte seul les attributs du Maréchal, mais les porte en leurs noms, morts, à la retraite ou jeunes”, déclare le désormais Maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno.

Certaines voix au sein de l’opposition ont dénoncé le fait que la cérémonie visant à élever M. Déby au rang de maréchal se tienne le même jour que celle marquant l’indépendance du pays.

Cependant, Maitre Jean-Bernard Padaré, porte-parole du MPS (Mouvement patriotique du salut), le parti au pouvoir estime qu’il est tout à fait normal que le président soit honoré le jour de la fête de l’indépendance.

Ce 11 août 2020, le Tchad a célébré sobrement le 60ème anniversaire de son indépendance.

La traditionnelle célébration en grande pompe avec parade militaire a été remplacée par une cérémonie organisée à l’Assemblée Nationale.

ENCADRE

Liste des présidents Africains devenus “maréchal” et dirigeants à vie avant Idriss Déby

Idi Amin Dada : le field Marshal de l’Ouganda

Idi Amin Dada est un ancien président ougandais né en 1925 dans la ville de Koboko, dans le nord-est du pays. Il fait ses études en Ouganda et a servi dans l’armée britannique en 1945, connue sous le nom de King’s African Rifles (KAR).

Après avoir renversé le gouvernement du premier président élu du pays, Milton Obote, il devient président de l’Ouganda en 1971 et dirige le pays pendant huit ans.

En 1979, Amin Dada est forcé de fuir la capitale ougandaise sous la pression de l’armée de libération nationale de l’Ouganda. Il va trouver refuge en Arabie Saoudite, où il meurt en 2003.

Il s’est donné le titre de Field Marshal, grade à cinq étoiles le plus élevé dans l’armée ougandaise et de président à vie en 1975.

L’Occident le considère comme un dictateur qui a paralysé l’économie ougandaise et conduit un régime basé sur la terreur et les crimes de masse.

Mobutu Sese Seko : le papa président aux noms multiples

Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga est le nom que se donne en 1971 Joseph Désiré Mobutu.

Celui qui a dirigé d’une main de fer le Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) est né en le 14 octobre 1930 à Lisala au Congo Belge.

C’est lui qui va rebaptiser le Congo Belge devenu Congo-Kinshasa en Zaïre au même titre que la monnaie du pays et son principal fleuve.

A la suite d’un coup d’Etat, il arrive au pouvoir le 24 novembre 1965 et s’impose par la force des armes et l’instauration d’un parti unique en 1982.

La même année, il devient donc maréchal-président du Mouvement populaire de la Révolution, seul parti politique autorisé dans le pays.

Il est connu pour avoir imposé un costume traditionnel baptisé Abacost (à bas le costume), une version zaïroise du costume occidental.

Mobutu a aussi demandé que les Zaïrois se choisissent des prénoms d’origine africaine et locale, ce qu’il fait lui-même en devenant Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga, c’est-à-dire “Mobutu le guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l’arrêter”.

Mohamed Hussein Tantawi : maréchal au pays des pharaons

Mohamed Tantawi est né dans la région de Nubie, entre l’Égypte et le Soudan, en 1935. Il a obtenu son diplôme pour rejoindre l’armée en 1956 en Égypte.

Il est devenu président de l’Égypte après le renversement du président Moubarak. Le 11 février 2011, il est devenu président, et s’est retiré du pouvoir le 30 juin 2012.

Pendant plus de 50 ans, il a participé aux grandes guerres égyptiennes, dont celles face à Israël, et c’est là qu’il a obtenu le grade de maréchal.

En 1991, à la suite de l’occupation du Koweït par l’Irak, il a fait partie des forces de la coalition lors de la première guerre du Golfe. Il a reçu des diplômes honorifiques d’Égypte, du Koweït et d’Arabie Saoudite.

La même année, il a été nommé ministre de la défense de l’Égypte et commandant en chef des forces armées égyptiennes de 1991 à 2012.

Mohamed Tantawi a la réputation d’avoir évité toute infiltration de l’armée par les Frères musulmans.

Jean-Bédel Bokassa : maréchal et empereur à vie de la République centrafricaine

Bokassa est né le 22 février1921 dans le comté de Bobangui, à M’Baka, plus précisément dans le village de Lobaye.

Il va à l’école à Brazzaville, veut devenir pasteur mais ses parents le persuadent plus tard de rejoindre l’armée coloniale française.

Après la fin de ses études en 1939, il s’est engagé dans l’armée et est devenu soldat en 1941. Il a combattu sous la bannière de l’armée française dans la guerre contre les nazis.

En janvier 1962, Bokassa quitte le contingent français et rejoint l’armée de la République centrafricaine (RCA) successivement en tant que colonel, conseiller militaire, puis chef d’état-major en 1964.

Fort de cette posture à la tête de l’armée, il renverse son cousin et premier président de la République centrafricaine David Dacko et dirige le pays entre 1966 et 1976.

Il s’est déclaré président à vie en 1972, maréchal en 1974 et empereur de la République centrafricaine de 1976 à 1979 faisant changer le nom du pays en “Empire centrafricain”.

L’empereur à vie a été largement critiqué pour son rôle da

ns le massacre de 100 écoliers, qui a conduit à son éviction par les forces françaises.

Jean-Bédel Bokassa a fait brièvement escale en Côte d’Ivoire et s’est ensuite exilé en France.

Après des années d’exil, il est retourné en République centrafricaine en 1980, a plaidé coupable aux accusations portées contre lui et a été condamné à la prison à vie.

Il a été libéré en 1993 après avoir purgé une peine réduite, et est décédé en novembre 1996 d’une crise cardiaque.

A l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance du pays en 2003, M. Bokassa a été gracié.

Source : BBC

 

 

 

 

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