Plus de 500 cages flottantes sont en implémentation à Bagré.

Pour couvrir ses besoins en consommation de produits halieutiques, le Burkina dépend énormément de l’extérieur à hauteur de 80%. Les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) montrent que le pays a importé 165 141 tonnes de produits halieutiques par an entre 2020 et 2024. Les dépenses liées à ces achats sont évaluées à 19,3 milliards F CFA. Face à cette dépendance de l’extérieur, le gouvernement s’est inscrit dans une dynamique de transformation structurelle du secteur halieutique national en lançant l’Offensive agropastorale et halieutique en août 2023. Dans la batterie de mesures prises, l’on enregistre la pisciculture en cage flottante installée sur plusieurs plans d’eau du pays. Immersion dans une nouvelle technique de production de poissons sur le barrage de Bagré.

Jeudi 7 mai 2026. Il est 7 heures 30 minutes au barrage de Bagré, dans la région du Nakambé, situé à 40 km au Sud-Ouest de Tenkodogo. Sur les berges de cette retenue d’eau de 1,7 milliard de mètres cubes), souffle un vent frais. Il entraine des vagues d’eau d’une forte intensité qui transgressent les bordures du barrage. En refrain, des chants d’oiseaux survolent le plan d’eau. Le tout distillant une mélodie peu ordinaire. Cette partie du Burkina où vivent près de 9 000 âmes est un véritable pôle économique du fait des multiples potentialités qu’offre la retenue d’eau depuis sa mise en service en 1992. Les habitants y pratiquent l’agriculture, l’élevage et bien d’autres activités connexes comme la pisciculture.

Tegawendé Valérie Ouédraogo, une gérante des cages flottantes :
« j’ai choisi ce métier par amour ».

Sur l’étendue d’eau, s’étendent à perte de vue des cages flottantes. Ce dispositif constitue une nouvelle technique de production de poissons Tilapia en implémentation au Burkina. Ce jeudi 7 mai 2026, au bord de la rive, une vingtaine de personnes s’impatientent avec leurs pirogues chargées d’aliments pour poissons. « A cause du vent, nous ne voulons pas courir le risque de chavirer. Le moment n’est pas propice pour alimenter les poissons », lance Tegawendé Valérie Ouédraogo, une gérante des cages flottantes. Son train-train quotidien, tout comme les autres gérants embauchés par les promoteurs de la pisciculture moderne, consiste essentiellement à nourrir les poissons, à entretenir et assurer la propreté des cages. Ce métier, elle l’a choisi par amour.

Titulaire d’une licence en pisciculture obtenue au centre universitaire de Gaoua en 2023, elle est l’unique femme à embarquer tous les jours dans sa pirogue au milieu d’une cohorte d’hommes pour le suivi régulier des poissons en cage flottante. « Je ne suis pas du tout gênée d’être parmi les hommes. Cela fait bientôt 3 ans que nous travaillons ensemble dans une belle ambiance », assure-t-elle avec un brin de sourire. Pour elle, cet emploi lui permet de subvenir à ses besoins. « A chaque fin de mois, mon patron me paye à temps et cela m’aide énormément », déclare-t-elle.

Des filets de protection

Une séance de récolte d’alevins au Centre d’élevage piscicole de Bagré.

Après deux heures d’attente, le vent baisse en intensité. C’est la « délivrance ». Les activités du jour peuvent alors commencer. Tegawendé Valérie Ouédraogo et ses collègues sont à la manœuvre avec un seul mot d’ordre : approvisionner les poissons dans un bref délai afin de vaquer à d’autres occupations.

En face, sur l’autre berge, des piroguiers se hâtent pour la récolte des poissons. A quelques jets de pierre du plan d’eau, un autre groupe d’environ une centaine de personnes patiente sous un arbre. Ils sont en majorité des mareyeurs venus de divers horizons comme Tenkodogo, Bittou, Garango, Zabré et les villages environnants. Certains ont investi les lieux depuis 4 heures du matin, espérant retourner le plus vite possible avec du poisson frais pour leur clientèle. Mais, tous vont devoir encore se patienter, le temps que les pêcheurs regagnent la rive.

Pendant ce temps, les regards sont tournés vers le chef d’unité technique du périmètre halieutique d’intérêt économique de Bagré, Boalidjoa Ouali. Sa mission est de superviser la chaine de production du poisson et d’organiser la vente sur la berge. La mine décontractée, ce dernier affiche une sérénité malgré le brouhaha des poissonniers. Il avait pris le soin de dresser dans son cahier, une liste suivant l’ordre d’arrivée des mareyeurs. « Ici, nous ne faisons pas de favoritisme. Chaque client est servi par ordre d’arrivée », clame-t-il.

Le chef d’unité technique du périmètre halieutique d’intérêt économique de Bagré, Boalidjoa Ouali :
« nous appuyons les promoteurs en conseils pratiques et faisons des pêches de contrôle pour réajuster l’alimentation des poissons ».

Une demi-heure plus tard, les premières prises sortent de l’eau. La vente peut alors commencer. Avec son équipe, Boalidjoa Ouali, appelle tour à tour les mareyeurs. « Nous avons pris du retard aujourd’hui, mais chacun pourra retourner avec du poisson frais », assure-t-il. Son rôle, poursuit-t-il, consiste à apporter un soutien aux promoteurs de la pisciculture en cage flottante. « Nous les appuyons en conseils pratiques. Nous faisons également des pêches de contrôle pour réajuster l’alimentation des poissons dans les cages flottantes. Nous organisons enfin la vente des poissons trois fois par semaine, notamment le samedi, le mardi et le jeudi », détaille-t-il.

Selon le chef d’unité technique du périmètre halieutique d’intérêt économique de Bagré, le plan d’eau de Bagré regorge plus de 500 cages flottantes. « Nous avons trois dimensions à savoir les cages de 75 mètres cubes (m3), 100 m3 et 200 m3 », précise-t-il. Concernant le suivi de la production, Boalidjoa Ouali rappelle qu’au début, des manquements étaient constatés. Toute chose qui impactait négativement le rendement. « Certains promoteurs empoissonnent leurs cages au moment où le vent souffle.

Cela entraine des déperditions. Ils peuvent dire qu’ils ont empoissonné 5 tonnes d’alevins, ce qui n’est pas vérifié à cause des pertes dues au vent », explique-t-il. Aussi, confie-t-il, les poissons n’ayant pas les mêmes tailles, il faut d’abord placer des filets de protection pour éviter la déperdition des alevins. « Certains, au lieu de recourir à des filets de protection adaptés, utilisent des moustiquaires. Cela provoque assez de déperdition », regrette-t-il. Il précise d’ailleurs qu’il est recommandé de réparer les cages à chaque six mois.

Une activité qui nourrit son homme

Le président de l’Association des promoteurs de la pêche en cage flottante de Bagré, Ousseyny Sorgho dit « Manegré Naaba » : « la production de poissons en cage flottante à Bagré est évaluée à plus de 40 000 tonnes en deux ans d’activités ».

Si le suivi est assuré convenablement, la pisciculture en cage flottante est vraiment bénéfique, confie le chef d’unité technique du périmètre halieutique d’intérêt économique de Bagré. « Pour les petites cages de 75 m3, avec un empoissonnement de 10 000 alevins, si l’alimentation est bien suivie, le promoteur peut récolter au bout de 6 mois, 3 à 4 tonnes de poissons, soit six à huit millions F CFA », affirme Boalidjoa Ouali.

Et au président de l’association des promoteurs de la pêche en cage flottante de Bagré, Ousseyny Sorgho dit Malgué Naaba de Bagré, ancien pisciculteur dans les étangs, de renchérir : « Si tout se déroule normalement pour les cages de 200 m3, avec 20 000 alevins au départ, le producteur peut récolter 6 à 7 tonnes de poissons, soit douze à quatorze millions F CFA ». Avec une riche expérience dans la pêche, M. Sorgho rencontre moins de difficultés dans cette technique de production du poisson. Cette expérience, il dit l’avoir acquise au cours de ses séjours dans plusieurs pays. « J’ai fait l’Afrique centrale, notamment le Gabon, le Cameroun, les deux Congo, la Guinée équatoriale où j’ai eu la chance de travailler avec des pisciculteurs. J’ai appris auprès d’eux avec passion car, chez nous ici, nous n’avions pas cette tradition de pisciculture », explique-t-il.

Les récoltes de poissons à Bagré ont lieu les mardi, jeudi et samedi.

De retour au bercail, Malgué Naaba dit s’être lancé dans la pêche dans les étangs avant l’arrivée du projet de pêche en cage flottantes. « Lorsque les responsables du projet m’ont approché, je me suis engagé sans hésiter », déclare-t-il. Il se souvient qu’au départ en 2024, ils étaient 44 promoteurs à bénéficier du soutien du fonds « Dumukafa » dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique engagée par le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques. « De nos jours, nous sommes plus de 130 promoteurs. Je partage mon expérience avec les promoteurs novices dans le secteur », assure-t-il.  Il reconnait avoir reçu en son temps huit cages du projet. Aujourd’hui, il en possède une vingtaine.

Pour lui, le nombre croissant de son investissement est la preuve palpable que l’activité nourrit son homme. Il pense également que la plupart des promoteurs arrivent à tirer leur épingle du jeu. Grâce à la production de poissons, camarade Sorgho nourrit d’autres ambitions.  « Je suis en train de bâtir un hôtel à Bagré. Avec l’évolution, la ville a besoin d’infrastructures hôtelières modernes », précise-t-il fièrement.

Le gros handicap

 

La commercialisation des poissons se fait sur place en raison de 2 000 F CFA le Kg.

Pour rendre le secteur plus attractif, Ousseyny Sorgho susurre que son association est en concertation avec le ministère en charge des ressources halieutiques pour une possible réduction des coûts d’aliments. Il juge le coût des aliments pour poissons trop élevé. « La tonne d’aliment est vendue sur le marché à 850 000 F CFA, alors qu’au début du projet Dumukafa, l’Etat nous la cédait à 300 000 F CFA », déplore-t-il. C’est vraiment notre gros handicap en ce moment, retorque Michel Kiema (nom d’emprunt) qui a requis l’anonymat. Il déclare s’être lancé dans l’activité sans une réelle maitrise du secteur avec deux cages flottantes de 75 m3.

« J’ai enregistré une perte car, les ressources générées après la première récolte n’ont pas couvert les dépenses », avoue-t-il. Toutefois, promet-il, ce faux bond n’entache en rien sa détermination à poursuivre son activité. « J’ai appris de mes erreurs et je suis convaincu que je m’en sortirai. Mais, je souhaite que les autorités nous viennent en aide en baissant les prix des aliments », plaide-t-il tout en invitant également les institutions financières à soutenir également le secteur à travers des micro-crédits. J’insiste sur l’accompagnement des banques, poursuit-il, car lorsque « j’ai une idée des chiffres d’affaires de certains de mes collègues, je suis persuadé que nous pouvons nouer des partenariats gagnant-gagnant ».

Et au président de l’association des promoteurs de la pêche en cage flottante de relever que la production de poissons en cage flottante à Bagré est évaluée à plus de 40 000 tonnes en deux ans d’activités. « Les résultats sont probants malgré les difficultés », se réjouit-il. D’où son appel aux personnes qui hésitent encore à les rejoindre pour une production optimale du poisson.  « Nous n’avons pas épuisé le dixième des potentialités de la pisciculture en cage flottante à Bagré », rassure-t-il. Son appel semble avoir eu un écho favorable.

Mouniratou Koundabou, 28 ans, mariée et sans enfant évolue dans la commercialisation du poisson depuis 2 ans. A force de côtoyer les promoteurs de la pisciculture en cage flottante,

 

Aminata Traoré, mareyeuse visiblement satisfaite s’apprête à regagner Bittou avec du poisson frais.

elle finit par être piquée par le virus du métier. Par manque de moyens conséquents, elle bénéficie, néanmoins, du soutien de son père qui lui offre deux cages flottantes pour démarrer son projet. Pour un début, elle décide d’empoissonner une cage avec 23 000 alevins, le 2 avril 2026.

En un mois d’ensemencement, elle dit avoir alimenté les poissons avec 5 sacs d’aliments à raison de 17 500 F CFA l’unité. Elle compte à termes, selon les recommandations de l’équipe d’encadrement, utiliser 3 tonnes d’aliments pour alimenter ses poisons. Pour y arriver, elle s’attache les services d’un gérant, qu’elle paye à 50 000 F CFA par mois. Dame Koundabou espère ainsi récolter au bout de six mois, le fruit de son investissement. « Je suis confiante, car je suis à la lettre les conseils des techniciens », confie-t-elle.

Du poisson toujours disponible

Alima Seihon est aussi une nouvelle promotrice. Elle s’est lancée dans le secteur, il y a peine cinq mois. A force d’accompagner son conjoint, un promoteur de la pêche en cage flottante de première heure, elle finit par s’attacher au métier. « Au regard de l’engouement de l’activité, je suis persuadée que je ferai de bonnes affaires », explique-t-elle d’un air rassurant. Pour démarrer son projet, elle dit avoir utilisé son épargne. Pour minimiser les charges, elle s’est associée à cinq autres promoteurs pour s’attacher les services d’un gérant. Elle doit donc débourser 25 000 FCFA par mois, à cet effet.

Ce regain d’intérêt pour la production de poissons à cage flottante est salué par les mareyeurs, notamment Abdou Hyppolyte Minoungou âgé de 47 ans et résidant à Tenkodogo. Depuis les années 2 000, il parcourt les localités de Bagré, Lenga ou Niangho à

Abdou Hyppolite Minoungou, mareyeur : « je peux faire un bénéfice de
10 000 F CFA à 15 000 F CFA par jour ».

la recherche de poissons. « Il arrive des moments que je rentre bredouille après toutes ces distances parcourues », se souvient-il. C’est pourquoi, il salue la mise en place de la nouvelle technique de production de poissons. « A Bagré, nous trouvons du poisson frais trois jours dans la semaine.

Ce qui n’était pas le cas avec les pêcheurs traditionnels », se réjoui-t-il. A chaque déplacement, le quadragénaire paye entre 80 kg et 100 Kg de poissons à raison de 2 000 F CFA le Kg. Si les poissons sont gros (s’ils atteignent au moins 400 g/ poisson), il peut s’approvisionner jusqu’à 160 Kg de poissons par jour, avoue-t-il. De retour à Tenkodogo, il revend sa marchandise aux détaillants. « Lorsque que je déduis les frais de transport et de conservation, je peux réaliser un bénéfice de 10 000 F CFA à 15 000 F CFA par jour », avoue-t-il avec un brin de fierté. Grâce à cette activité, camarade Minoungou parvient à subvenir aux besoins de ses deux épouses et ses 10 enfants. Cependant, il plaide pour la baisse du prix des aliments pour poisson.

« Dans les années 2 000, le poisson était vendu à 200 F CFA le Kg. Aujourd’hui, il s’élève à 2 000 F CFA. La baisse du prix des aliments aura une répercussion sur le prix de poisson », se convainc-t-il. Cet avis est partagé par Aminata Traoré, mère de six enfants, mareyeuse venue de Bittou. Elle est dans la vente du poisson depuis 40 ans. Après un moment d’hésitation, elle finit par se prononcer. « Les poissons ne sont pas bien alimentés. Cela fait que souvent, nous n’avons pas de gros poissons pour honorer la commande de certains clients. Nous demandons aux autorités de soutenir le secteur », lâche-t-elle.

Des investissements structurants

 

Le DG de la Société Faso Agropôles, Oula Damien Ouattara : « tous les quatre à six mois, avec une cage flottante, le promoteur peut faire des bénéfices nets d’environ un à deux millions F CFA ».

Le cri du cœur des acteurs de la pisciculture est entendu par le gouvernement. Dans le cadre de la loi de finances rectificative de 2025, l’Exécutif burkinabè a introduit une exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les aliments pour poissons. Cette exonération a permis, selon le Directeur général (DG) des ressources halieutiques, Moustapha Alassane Tassembedo, de réduire le prix des aliments pour poissons. Cependant, il estime que des efforts doivent être faits afin que le produit soit disponible en quantité et à un prix plus attractif.

« Avec l’Offensive agropastorale et halieutique, le besoin en aliments pour poissons est passé à 2 millions à 350 millions de tonnes », affirme-t-il. C’est pourquoi, poursuit-il, le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutique a mobilisé plus de 1,5 milliard de francs CFA pour l’acquisition de deux usines modernes de production d’aliments pour poissons, dont l’une est implantée à Bobo-Dioulasso et l’autre à Bagré. « Une troisième unité est également en cours d’acquisition à Bobo-Dioulasso », annonce-t-il. Chaque unité a une capacité de production comprise entre 1,5 tonne et 2 tonnes par heure. « L’objectif est de produire suffisamment d’aliments à coût réduit pour répondre aux besoins des acteurs », justifie-t-il.

Et au DG de la Société Faso Agropôles (SOFA), Oula Damien Ouattara, de renchérir que le centre d’élevage piscicole de Bagré, une structure étatique, met à la disposition des producteurs, des alevins. « La proximité de ce centre aux acteurs facilite l’ensemencement et réduit le stress post- ensemencement et la mortalité des poissons », se réjouit-il. Il souligne, par ailleurs, que les alevins qui proviennent du centre sont subventionnés. « Avant, les producteurs les achetaient à 100 F CFA, voire 150 FCFA l’unité. Aujourd’hui, ils sont accessibles à 50 F CFA l’unité », déclare-t-il.

Pour susciter la création d’entreprises aquacoles à Bagré, informe le DG de la SOFA, le fonds Dumukafa a injecté plus de 4 milliards F CFA dans le secteur.  Ce soutien aux promoteurs de la pisciculture en cage flottante, assure-t-il, s’est fait à travers des prêts à des taux dérisoires et avec des différés.

Selon le DG des ressources halieutiques, Moustapha Alassane Tassembedo, son ministère a mobilisé plus de 1,5 milliard F CFA pour l’acquisition de deux usines modernes de production d’aliments pour poissons.

« Le gouvernement a aussi subventionné les équipements et le prix des aliments », précise-t-il. A l’image de Bagré, confie-t-il, le ministère en charge des ressources halieutiques accompagne entre autres, les acteurs du barrage de Samandéni dans la région du Guiriko et du barrage de Yakouta dans la région du Liptako.

L’espoir est permis

L’objectif est d’inverser la tendance en réduisant la dépendance aux importations de poissons. « Pour cela, il nous faut produire plus de 100 000 tonnes de poissons par an », soutient-il. Au regard des efforts consentis par le gouvernement et de l’engouement des acteurs pour la pisciculture en cage flottante, l’espoir est permis, foi du DG de la SOFA. Selon lui, l’élevage du poisson est aussi simple que celui de la volaille. « Il faut arriver à contenir un espace donné, à réunir les conditions nécessaires pour le poisson notamment son alimentation, à contrôler son évolution et puis à l’enlever à la fin du cycle », explique-t-il.

Il suffit de respecter les itinéraires tracés, poursuit-t-il, par les spécialistes pour que la moisson soit bonne. Pour rendre la technique plus rentable, le DG de la SOFA confie que des dispositions sont en train d’être prises pour lever les différentes contraintes auxquelles font face les producteurs. Il s’agit notamment de lever la contrainte d’alimentation de

L’usine de production d’aliments pour poissons de Bagré déjà construite et équipée.

qualité et celle du marché afin que l’activité devienne, dans un délai raisonnable, très rentable pour la chaine de production. Aussi relève-t-il, la direction générale en charge de la santé vétérinaire est à pied-d’œuvre pour réduire le taux de mortalité des poissons. D’où son invite à la population, surtout à la jeunesse en quête d’emploi, à s’intéresser à l’activité.

« Tous les quatre à six mois, avec une cage flottante, le promoteur peut faire des bénéfices nets d’environ 1 à 2 millions F CFA. En une année, il peut se retrouver avec au moins 4 millions FCFA », démontre-t-il. Un message bien cerné par Abdoul Cheik Samadou. La vingtaine d’année révolue, il a quitté sa famille à Ouagadougou pour se former à Bagré, en pisciculture, auprès de Souleymane Yougbaré, un promoteur privé d’alevins. « Cela fait cinq mois que je suis à Bagré. Chaque jour, j’alimente les poissons et je vérifie s’il n’y a pas de fuite d’eau dans les étangs et une mortalité des poissons », explique-t-il. Une fois sa formation terminée, le jeune Samadou compte s’installer à son propre compte. Mais pour l’heure, il doit encore prendre le temps nécessaire pour mieux apprendre car, reconnait-il, le métier de pisciculture nécessite de la patience.

Abdoulaye BALBONE

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