M. Wolfram Vetter Ambassadeur, Chef de Délégation de l'Union européenne au Burkina Faso

A travers cette tribune, M. Wolfram Vetter, ambassadeur Chef de Délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, témoigne non seulement  sa solidarité au peuple burkinabè, mais surtout rassure que l’Union européenne restera à côté du ‘’Pays des Hommes intègres’’, pour’appuyer  la  recherche  scientifique…et pour orienter la riposte au Covid -19 au Burkina ‘’. Nous vous invitons à lire l’intégralité de cette tribune digne d’intérêt !

Le Burkina  Faso  à  l’instar  des  autres  pays  du  monde  est  confronté  à la  pandémie du  nouveau coronavirus  (Covid-19).  Partenaire  stratégique  du  “Pays  des  Hommes  intègres”  depuis  1959, l’Union européenne demeure à ses côtés pour l’aider à relever les défis liés désormais à la lutte contre le Covid-19 qui met à rude épreuve le vivre-ensemble du pays.

Dès les premiers cas confirmés de Covid-19 enregistrés au Burkina Faso le 9 mars 2020, l’Union européenne (UE) a manifesté sa solidarité aux autorités et à l’ensemble du peuple burkinabè dans la  lutte contre la pandémie. La crise provoquée par le Covid -19 n’est pas une guerre, mais elle y ressemble.  Elle  nécessite  la  mobilisation  et  l’affectation  de  ressources  à  des  niveaux  sans précédent. Comme l’a dit le Haut représentant et vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell  “Dans  la  lutte  contre le  Covid-19,  la  solidarité  entre les  pays  et  la  volonté  de  faire  des  sacrifices pour le  bien commun  sont  déterminantes. Ce  n’est  qu’en  conjuguant  nos  efforts  et en coopérant par-delà les  frontières que nous pourrons vaincre le virus et en limiter les conséquences  –  et l’UE a un rôle central à jouer”.

En effet, nous sommes dans une période critique, à un moment où nous devons relever ensemble les défis induits par cette pandémie.  Il faut être à la hauteur des responsabilités  et accompagner les efforts, non seulement pour stopper le virus  – en contribuant aux soins de santé et aux mesures préventives  –  mais  aussi  pour  aider  les  États  et  préparer  les  populations,  pour  informer  d’une manière  adéquate  sur  les  mesures  qui  s’imposent,  pour  faire  face  aux  répercussions  sociales, économiques et humanitaires.

Bien avant l’avènement du Covid-19, l’Union européenne a appuyé le système de santé du Burkina Faso  à  travers  plusieurs  projets  et  programmes.  Elle  continue  de  le  faire.  Mais  nous  sommes conscients que la situation actuelle appelle à des efforts additionnels.

Le Covid-19 a un  coût sanitaire élevé. Comme d’autres pays, le Burkina Faso doit faire face aux dépenses  urgentes  et  non  prévues  en  matière  de  santé  :  achat  de  matériel,  campagne  de prévention, prise en charge des malades, tests, etc.

Mais ce pernicieux virus est aussi à l’origine de conséquences économiques et sociales graves, qui découlent des mesures restrictives qu’il impose à la société : fermeture des marchés et d’un grand nombre  de  magasins,  arrêt  du  transport  public,  restrictions  aux déplacements,  villes  en quarantaine,  fermeture  des  frontières  terrestres  et  aéroportuaires,  et  donc,  ralentissement général  de  l’économie.  Tel  qu’annoncé  récemment  par  le  Président  du  Faso,  SEM  Roch  Marc Christian KABORE, cette crise sanitaire et le rétrécissement significatif des activités économiques entraineront  la  réduction  du  taux  de  croissance  de  6,3%  à  2%  en  2020,  la  baisse  des  recettes publiques, avec un manque à gagner de 306 milliards de FCFA et un déficit budgétaire de 5%, et des tensions de trésorerie de l’État  –  tout à fait logique : si l’argent ne rentre pas, on ne peut pas l’utiliser pour les besoins de la population et de l’État.

Dans ce  contexte, l’Union européenne, à travers sa Délégation au Burkina Faso, a entrepris des démarches supplémentaires pour mobiliser des ressources et réorienter un nombre d’activités. Le but, répondre à l’urgence liée au Covid-19.

D’une  manière  générale,  l’appui  de  l’Union Européenne  s’aligne  sur  le  Plan  National  de  Riposte Sanitaire  élaboré  par  le  gouvernement.  Notre  accompagnement  est  orienté  dans  le  domaine sanitaire, humanitaire et socioéconomique.

Dans  le  domaine  sanitaire  et  à  court  terme,  l’UE  va  appuyer  la  recherche  scientifique  pour  la production de données utiles pour la prise de décision et pour orienter la riposte au Covid -19 au Burkina  Faso.  Tout  en  participant  au  renforcement  des  capacités  des intervenants  dans  la surveillance, les investigations des cas, le suivi et la prise en charge, nous avons décidé de soutenir une  campagne  de  communication  et  de  sensibilisation  adaptée  aux  personnes  cibles.  Un  volet important  de  notre  action  consiste  à  l’achat  de  matériel  d’hygiène  et  de  protection  (gants, masques,  gels  hydro alcooliques,  thermomètres,  équipement  de  protection  individuelle  et pulvérisateurs),  de  tests  de  diagnostiques,  de  médicaments  et  de  consommables.  Des  aspects communautaires  importants  tels  le  suivi  des  contacts,  la  sensibilisation,  la  désinfection  et  la gestion  sécurisée  des  décès  seront  pris  en  compte  dans  l’ensemble  de  notre  intervention.  En somme,  L’UE  va  s’investir  dans  tous  les  aspects  de  la  coordination  de  la  riposte  au  Covid-19.

Toutes ses actions immédiates représentent la somme de plus de 963 000 euros soit plus de 630 millions de FCFA.

Par ailleurs, dans le moyen terme, l’UE va appuyer l’équipe sanitaire dans la prise en charge des cas confirmés et hospitalisés. Au-delà de cet aspect, l’une de nos priorités sera le renforcement du plateau technique, y compris l’octroi de matériel de réanimation.

Dans le domaine humanitaire,  l’UE adopte une série de mesures pour permettre aux projets de s’adapter aux nouveaux défis créés par la pandémie Covid-19. L’enjeu est de maintenir autant que possible  les  activités  en  adaptant  les  façons  de  faire  afin  de  renforcer l’assistance  alimentaire, l’amélioration  de  l’accès  aux  soins  de  santé  primaire,  de  protection,  d’éducation,  d’abris  et  de provision d’articles ménagers essentiels en tenant compte de la menace. Concrètement, il s’agira de  l’adoption  systématique  de  gestes  barrières  de  lavage  des  mains  et  de  distanciation  sociale notamment  avec  les  populations  affectées  que  nous  servons  tels  que  les  déplacées  ou  locales  -pour qui l’aide était déjà cruciale avant le Covid-19. Nos partenaires de mise en œuvre ne seront pas en reste. Ils mèneront des actions de sensibilisation auprès des communautés vulnérables sur la manière dont elles peuvent empêcher la propagation de l’épidémie par des mesures d’hygiène.

À titre d’exemple, dans la Région de la Boucle du Mouhoun,  notre action dans la mise en œuvre du plan de riposte a permis : l’impression de 400 affiches de sensibilisation sur la pandémie pour les formations sanitaires et les lieux publics, l’achat de 50 thermomètres laser pour les formations sanitaires et le suivi des sujets contacts, 600 flacons  de gel hydro alcoolique, 6 000 masques FFP2 et 20 000 gants de protection, 100 dispositifs de lavage et de désinfection des mains dans les sites d’isolement et 300 flacons de savon liquide.

Dans  le  domaine  économique/social,  nous  mobilisons  des  ressources  importantes  pour contribuer  à  l’absorption  par  le  pays  des  coûts  imprévus  liés  à  la  crise  sanitaire  du  Covid -19  et notamment ses répercussions socioéconomiques. Conformément à la modalité d’appui privilégiée par l’UE et par l’État burkinabè, des ressources de l’UE seront versées directement au budget de l’État. Elles permettront de faire face à des dépenses indispensables et non prévues, de définir et appliquer un plan de réponse économique pour mitiger les conséquences économiques et éviter des  tensions  sociales.  L’aide  budgétaire  de  l’Union  européenne  permettra,  par  ailleurs, au gouvernement de continuer à fournir des services sociaux pour les populations (gratuité des soins, éducation et accès à l’eau notamment) et à assurer leur sécurité.

L’Union  européenne  apprécie  fortement  l’engagement  de  tous  (citoyens  du  Burkina  Faso, autorités,  partenaires  techniques  et  financiers,  …)  qui  s’attellent  à  travailler  ensemble  pour atténuer l’impact social et économique de cette pandémie.  Nous saluons à cet effet, les  mesures prises par le gouvernement et continuerons à l’appuyer par tous les moyens à notre disposition.

Nous encourageons la population à respecter scrupuleusement les consignes sanitaires en faisant preuve de responsabilité individuelle et collective. Outre le respect des gestes barrières, la lutte contre le Covid-19 passe aussi par la lutte contre la désinformation. Nous suggérons de suivre les conseils des autorités de santé publique, de consulter les sites web des organisations européennes et internationales compétentes (comme l’OMS) et de ne pas  partager des informations douteuses et non vérifiées.

L’Union européenne reste aux côtés du Burkina Faso  pour faire face au Covid-19 et  réitère son engagement  d’accompagnement  soutenu  des  autorités  afin  d’aboutir  au  résultat  souhaité.

Ensemble, je suis totalement persuadé, nous réussirons ce défi !

Wolfram Vetter

Ambassadeur, Chef de Délégation de l’Union européenne au Burkina Faso

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