M. Amado Traoré, candidat à la présidence de la FBF

En principe c’est dans trois jours qu’aura lieu à Koudougou l’élection du nouveau président de la Fédération burkinabè de football (FBF). Cependant un contentieux juridique oppose les candidats entre eux qui n’a toujours pas été définitivement tranché. Nous avons rencontré M. Amado Traoré, l’un des trois candidats dont la candidature a été invalidée. D’un ton calme, mesuré et fair-play, il nous retrace la genèse de son parcours footballistique. En outre il décortique les tares des textes en vigueur  et invite tous les amoureux du football à triompher de l’intérêt individuel poursuit au profit de l’intérêt collectif pour donner la chance au ‘’Football d’abord’’.

IBURKINA : Monsieur le président, à quand remonte votre engagement à aimer le sport Roi ?

Amado Traoré : J’ai commercé le football comme tout le monde c’est-à-dire dès l’âge de la jeunesse en jouant dans mon quartier, à l’école. Ma première licence a été faite en 1977 à l’ASRAN. Je n’ai pas évolué dans le football professionnel car à l’époque il fallait choisir entre l’école et le football. Évidement

Amado Traoré "J’ai commercé le football comme tout le monde dès l’âge de la jeunesse en jouant dans mon quartier"
Amado Traoré “J’ai commercé le football comme tout le monde dès l’âge de la jeunesse en jouant dans mon quartier”

le choix des études s’est imposé à moi. Donc après le Baccalauréat, je suis partis à Dakar et ça devenait compliquer pour moi de poursuivre la carrière footballistique. Mais j’avoue que j’ai toujours été proche du championnat national et de l’équipe nationale. Nous avions beaucoup travaillé au sein de l’ASRAN. En 1992 j’étais commissaire au compte  du RCK. Dans les années 2000-2002nous avons été choisis  pour diriger ce comité exécutif. Nous avons fait des reformes au niveau du RCK (ASRAN qui est devenue RCK) pour mettre en place un conseil d’administration et un comité exécutif. De là nous avons cheminé huit (8) ans et nous avons réussi à faire du RCK à faire du RCK champion national en 2004-2005. Ce qui était une première depuis la création du club. Voilà qu’aujourd’hui le RCK s’affirme comme un club dans l’élite du football burkinabè.

IBURKINA : Quelles sont les expériences que vous avez pu capitaliser et

Balle au pied, Amado Traoré compte redonner au football burkinabè ses lettres de noblesses
Balle au pied, Amado Traoré compte redonner au football burkinabè ses lettres de noblesses

surtout votre apport au rayonnement du football burkinabè ?

Il faut dire que le football est magique. Le football permet la cohésion et l’harmonie sociale. C’est un jeu certes, mais éducatif, formateur et épanoui l’homme, tout en permettant surtout le rapprochement et la consolidation des liens entre les jeunes. Bref le football inculque l’esprit amical, la tolérance, en un mot le savoir être en société.

Comme apport nous avons essayé d’apporter notre contribution au RCK. Nous avons côtoyé des personnes ressources comme les anciens joueurs, les anciens dirigeants qui sont des exemples pour nous pour ne citer que : Noufou, Marchall, Traoré Lassana etc. qui ont beaucoup œuvré pour le football burkinabè. Donc nous suivons leurs pas pour rester réellement dans l’esprit du football. Franchement nos devanciers se sont des références pour nous.

IBURKINA : Engagement sans fa

Qui pour sauver la FBF de sa léthargie?
Qui pour sauver la FBF de sa léthargie?

ille peut-on dire. Pourtant le chemin est souvent parsemé d’embûche. D’où tirez-vous votre force de caractère pour supporter et surmonter les obstacles ?

Dieu merci ! Chemin faisant nous avons pu mettre en place une société qui marche bien, et ce qui nous permet d’avoir un peu de moyen pour supporter le football. La réalité aussi est que dans ce milieu comme également dans d’autres milieux, on ne peut pas être aimé de tous. Cela est naturel. Il y aura toujours des gens qui seront pour ou contre vous. Quand on joue un match chacun tient à la victoire et cela aussi est normal. Mais au finish l’esprit sportif veut que les joueurs se félicitent entre eux pour avoir fait vibrer le public.

IBURKINA : Le milieu sportif et social en général, vous colle l’étiquette d’une personnalité de caractère olympique, attentif, sociable, généreux et de bonne moralité. C’est votre conception naturelle de la vie en société ou une bonne stratégie pour la prospérité de vos affaires ?

C’est ma conception de la vie. Vous savez que nous vivons ensemble dans un environnement ou la situation sociale et économique n’est pas rose pour tout un chacun. Si Dieu vous ouvre les portes afin que vous vous en sortiez mieux, il aimerait que vous pensiez aux autres. La Foi, la morale, et la sagesse recommandent aux hommes de se rendre servir naturellement les uns les autres. L’environnement familial peut aussi influencer, mais d’une manière générale, quand on peut être utile pour son prochain on doit le faire avec enthousiasme sans arrière-pensée. C’est ma manière de pensée et d’être !

IBURKINA : Présentement vous avez été sollicité pour être candidat à la présidence du FBF. Seulement, tout se dessine comme si on voulait à tout prix vous barrez la route. Pourquoi ?

Oui ! Il faut dire que nous n’avions pas pour ambition d’aller à la fédération. Mais nous avons constaté trop de rancœurs, trop de mécontentements, trop de divisions. En réplique, nous croyons que maintenant il est temps de rassembler, il faut fédérer tout le monde pour constituer une union sacrée. Il faut donner la parole à tous ceux qui veulent s’exprimer de contribuer par leurs opinions, leurs suggestions à faire avancer le football burkinabè. C’est parce que nous avons constaté la division qui s’installe que nous ne pouvons pas laisser faire. Pour la simple raison que nous ne voulons pas être moralement complices  de l’effondrement du football burkinabè.

A vrai dire, présentement ce sont les intérêts individuels qui prennent le dessus sur les intérêts collectifs. Et je ne suis pas d’accord pour cela. Il y a trop de division au niveau des arbitres, au niveau des supporters, même au niveau des joueurs et anciens joueurs.

Donc, il est temps de rassembler tout le monde pour donner un nouvel élan à notre football. C’est pour cela que nous avons accepté aller à la conquête de la présidence de la FBF.

IBURKINA : Les élections sont maintenues pour le  10 novembre 2016 à Koudougou, malgré que la bataille juridique n’a pas définitivement tranché sur les différents entre les candidats. Est-ce que cela ne perturbe pas vos espoirs d’être élu ?

Non ! Ce que je regrette dans cette situation, c’est que j’ai peur pour mon pays, j’ai peur pour le football du Burkina. Parce que vous savez très bien que les textes ne sont pas respectés, les textes sont bafoués. Quand on est juriste et on accepte bafouer  les textes ça fait peur. En plus de cela comment peut-on admettre qu’un arbitre soit mandaté par un club ? J’ai lu les textes de la Fédération ivoirienne de football, c’est impeccable. Comment un président de comité peut se permettre de créer une commission de validation et les dossiers sont reçus par les secrétaires du président par est son collègue à la justice militaire ?

Tout cela dans l’optique de manipuler les dossiers des uns et des autres pour faire ressortir des absurdités. Voici tout un corpus de faits malveillants qui font qu’aujourd’hui je me demande si on pourra tenir les élections le 10 novembre 2016. Je ne suis pas convaincu. Vu la situation, je lance un appel aux autorités de se préoccuper de cette élection de la FBF. Car ces élections risquent de semer des troubles dans ce pays et c’est ce que nous ne souhaitons pas.

IBURKINA : Manifestement la FBF court des risques de s’enliser dans une crise sans précédente. Comment peut-on l’éviter ?

C’est très simple! Il faudra qu’on laisse les candidats aller aux élections tranquillement. Que les amoureux du football choisissent  en toute âme et conscience le candidat qui a le meilleur programme réaliste et réalisable. Je répète encore, il faut que chacun fasse un effort pour se débarrasser de l’intérêt individuel au profit de l’intérêt collectif. Ce qui s’est passé à Bobo est regrettable ; on ne rassemble pas les gens dans un hôtel, les faire signer des documents sous prétexte qu’ils soutiennent un candidat. C’est indécent qu’au nom du football on prendre l’argent du contribuable burkinabè à des fins inavouées. ‘’Le football d’abord’’ est notre conviction !

ces élections risquent de semer des troubles dans ce pays et c’est ce que nous ne souhaitons pas
”Ces élections risquent de semer des troubles dans ce pays et c’est ce que nous ne souhaitons pas”

Monsieur le Président, que devrait selon vous être le profil, le caractère et l’esprit d’un Président de la Fédération burkinabè de football ?

Le Président de la Fédération burkinabè de football doit être un fédérateur. Le président de la fédération doit accepter et travailler avec tout le monde malgré les différences d’opinion. Mettre une bonne organisation et éviter d’avoir le monopole de la décision.

Il faut qu’on évite le bénévolat. Parce que le bénévolat ne permet pas aux gens de travailler convenablement. De même il faut mettre des hommes qu’il faut à la place qu’il faut en conséquent le travail abattu. Si toutes les conditions sont réunies, les gens apporteront des propositions constructives et nous constateront tous que le football burkinabè prendra de l’envol.

Interview réalisée par :

Théodore ZOUNGRANA

 

 

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