Niamey, 29 avril (ANP)-Le Niger, en collaboration avec le Mali et le Burkina Faso, accélère le processus de création d’une compagnie aérienne commune de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont la mise en service est envisagée d’ici la fin de l’année 2026, a affirmé le ministre nigérien en charge des Transports, le Col-Major Abdourahamane Amadou, le mardi 28 avril 2026 lors de son entretien sur les antennes de la télévision nationale.
Cette initiative vise à améliorer la connectivité entre les capitales des trois pays, réduire les coûts et les délais de transport aérien, tout en renforçant l’intégration régionale.
Selon le Col-Major Abdourahamane en charge du secteur des transports, le projet de création d’une compagnie aérienne commune de l’AES a connu des avancées significatives ces derniers jours, notamment à l’occasion de la célébration de la journée de l’aviation civile au Niger, marquée par la signature d’un accord entre les trois pays membres.
Dans cette dynamique, les directeurs généraux des compagnies nationales du Niger, du Mali et du Burkina Faso ont été associés aux discussions afin de définir les modalités de mutualisation des moyens techniques et financiers pour la mise en œuvre rapide du projet.
L’objectif principal est de faciliter les liaisons aériennes entre les capitales de l’espace AES. Actuellement, les déplacements entre ces villes demeurent longs et contraignants, pouvant atteindre une journée entière pour un trajet estimé à environ deux heures et demie de vol.
Avec un espace couvrant près de 2,8 millions de kilomètres carrés et une population estimée entre 70 et 75 millions d’habitants, les trois pays disposent d’un potentiel important pour rentabiliser une telle compagnie, qui pourrait, dans un premier temps, desservir les capitales et certaines villes intérieures.
Le projet prévoit également d’assurer des dessertes nationales, notamment entre Niamey, Zinder et Agadez, ainsi que le transport des pèlerins, estimés à environ 30 000 par an pour les trois pays.
Le membre du gouvernement souligne que l’absence apparente de difficultés majeures s’explique par le choix d’une approche prudente, tirant les leçons des échecs observés dans d’autres expériences similaires dans la sous-région. Le processus est actuellement en cours de finalisation, avec une prochaine étape prévue au niveau des ministères des Finances pour valider les derniers aspects budgétaires.
Il est prévu de démarrer les opérations avec un nombre limité d’appareils, dont le type pourrait être harmonisé entre les trois pays. À cet effet, les avions de type Embraer 190, déjà utilisés par le Burkina Faso, sont envisagés, afin de faciliter la maintenance et l’exploitation.
Par ailleurs, le Ministre n’exclut pas la possibilité d’implanter, à terme, des structures de maintenance dans la sous-région en partenariat avec les constructeurs.
Au-delà du transport aérien, les perspectives de développement du secteur incluent également les projets de chemin de fer et la modernisation des infrastructures routières, malgré les défis sécuritaires. Les responsables assurent que des mécanismes de sécurisation similaires à ceux utilisés pour les convois routiers pourraient être appliqués.
Enfin, le Ministre réaffirme leur engagement à faire du secteur des transports un levier stratégique de développement socio-économique, en misant sur les potentialités humaines et géographiques du Niger, tout en soulignant que l’enclavement constitue un défi à relever plutôt qu’une fatalité.
Agence Nigérienne de Presse
BAZ/AS/ANP 0273 avril 2026


















































