Yelbouga, 25 avril 2026 (AIB)-Au cœur de la province de la Sissili, une dynamique agricole nouvelle s’écrit en vert et jaune. Babouedouan Jean Christian Nignan, ingénieur en télécommunications et passionné d’agriculture, y cultive l’ambition d’une souveraineté alimentaire retrouvée, transformant des terres fertiles et généreuses en une mer de feuilles épineuses : le premier grand champ d’ananas de la localité. Constat.
Le vent de l’autosuffisance prôné par le Président du Faso Le Capitaine Ibrahim Traoré souffle avec vigueur jusqu’à Yelbouga, commune de Biéha, dans la Sissili.
Ici, le slogan « Produisons ce que nous consommons » est une réalité de terrain. Sur une superficie d’un hectare en pleine expérimentation, Babouedouan Jean Christian Nignan prouve que la terre burkinabè est une bénédiction où tout peut s’épanouir avec de la volonté.
« Nous devons impérativement maîtriser l’ensemble de notre chaîne de production », martèle le promoteur. « L’ananas est une opportunité économique majeure. Nous visons la réduction des importations et, à terme, le rayonnement de notre production sur le marché national, voire international. »
Cependant, l’homme avance avec sagesse. « Avant de courir, il faut savoir marcher », confie-t-il, privilégiant une maîtrise parfaite des techniques culturales avant le passage à une phase de production industrielle.
Sur le terrain, la directrice de production, Awa Karambiri, veille au grain. Pour elle, l’ananas est « un fruit exceptionnel mais exigeant ». Entre le cycle de 14 mois et la gestion de l’eau, chaque détail compte, car le chemin reste semé d’embûches.
Le défi de l’eau est crucial : la plante demande 14 mois de soins, alors que la pluie ne dure que trois mois. Le forage à haut débit est le nerf de la guerre. Quant à la protection, sous le soleil brûlant, les fruits doivent être protégés par du papier kraft pour éviter les brûlures.
Sur le plan sanitaire, la ferme SAGRIFA (Société Agricole du Faso) utilise une méthode saine pour préserver la santé des populations. Bien que des engrais minéraux soient utilisés à la base de la plante, aucun produit chimique ne touche le fruit.
« Nos consommateurs peuvent même faire bouillir la peau pour des infusions en toute sécurité », rassure le promoteur Nignan.
Le succès de ce projet se mesure surtout à l’adhésion des autorités coutumières. Sa Majesté Lio-Pio Dan-Zwè, chef de canton de Léo, à l’instar des chefs de Zoro, Biéha et Sissili, a tenu à bénir cette initiative qui fait la fierté de la province.
« Ce n’est pas quelqu’un venu d’ailleurs qui développera notre agriculture, c’est à nous de prendre nos responsabilités », a salué Sa Majesté, soulignant que ce projet renforce le dialogue et la cohésion entre les fils et filles de la Sissili.
Pour le chef de Yelbouga, Kassoum Nébié, l’émotion était palpable. « Ce projet m’a permis de goûter l’ananas pour la première fois de ma vie. Il met en lumière notre village et nos ancêtres béniront sans doute le labeur de notre fils. »
Au-delà de l’assiette, c’est un rempart contre l’exode rural. En créant des emplois sur place, Babouedouan Jean Christian Nignan espère fixer les jeunes dans la province afin qu’ils puissent y fonder des familles et scolariser leurs enfants.
L’avenir s’annonce florissant, avec des projets d’extension massive et la plantation de milliers d’arbres pour préserver l’écosystème. L’ambition ultime reste la production à grande échelle et la transformation industrielle pour produire des jus et des fruits séchés localement.
Face à ces ambitions, Babouedouan Jean Christian Nignan lance un plaidoyer auprès des autorités. Plutôt que de simples aides ponctuelles, il appelle à un soutien conséquent et structurel pour la filière ananas.
Cela passe par un accompagnement massif pour les infrastructures d’irrigation à haut débit, un accès facilité aux équipements de production modernes et un appui financier adapté aux cycles longs de cette culture.
Hommage est rendu à « un grand visionnaire altruiste », grâce à qui cette initiative prometteuse a été possible. Il s’agit de « Oumarou Compaoré, promoteur de la ferme Djoda à Bobo-Dioulasso », qui a forgé la passion de Babouedouan Nignan.
Et à Yelbouga, l’aventure de l’ananas ne fait que commencer. Entre bénédictions des notabilités et audace du promoteur, la Sissili trace sa route vers l’émergence, prouvant que la terre natale, lorsqu’elle est sollicitée, rend au centuple.
Agence d’Information du Burkina
BAN/ata















































