Méguet : La ruée vers l’or a éloigné plus de 1200 élèves de l’école entre 2022 et 2025 (services de l’éducation)
Méguet, 28 mars 2026, (AIB) – Dans la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Méguet, province du Ganzourgou, l’orpaillage artisanal attire de plus en plus d’élèves. Entre 2022 et 2025, 1210 enfants ont quitté l’école pour rejoindre, la plupart, des sites d’orpaillage, selon les services de l’éducation.
Le chef de la circonscription d’éducation de base de Méguet, Nongaouagré Koalaga, indique que les abandons concernent surtout les garçons, attirés par la perspective de gains rapides.
En effet, sur les 1210 abandons enregistrés en trois ans, 902 sont des garçons et 308 des filles. Le taux global d’abandon est estimé à 4,77 %. Ces chiffres sont repartis suivant les années scolaires ainsi qu’il suit : 2022-2023 : 427 abandons ; 2023-2024 : 429 abandons ; 2024-2025 : 354 abandons.
Une baisse apparaît en 2024-2025, mais le phénomène reste présent.
« Certains parents comparent leurs enfants à ceux qui ont réussi sur les sites et encouragent indirectement leur départ. Cela crée une pression sur les élèves », explique le Chef de la CEB, M. Nongaouagré Koalaga.
L’attrait des sites aurifères
Dans plusieurs villages, la réussite matérielle de certains orpailleurs marque les esprits. Maisons, motos et voitures alimentent l’idée que l’orpaillage permet de réussir sans passer par l’école.
Le Président du conseil d’école de Pinré, M. Noaga Dominique Bougma, confirme que même des enfants parviennent à gagner rapidement de l’argent sur les sites. Cette situation renforce l’attrait pour l’orpaillage.
La pauvreté des familles joue aussi un rôle. À cela s’ajoute la valorisation de ces réussites sur les réseaux sociaux, qui montrent rarement les accidents ou les pertes en vies humaines liés à l’activité.
Témoignages des écoles
À l’école de Fatimatenga, située près d’un site aurifère, le Directeur, M. Hamidou Ouédraogo, a enregistré plus de 30 abandons en trois ans. Selon lui, les départs surviennent souvent entre mars et avril ou pendant les grandes vacances. Les élèves concernés ont généralement plus de 10 ans.
À l’école de Bollé, proche d’un site également, le Directeur, M. W. Emmanuel Ouédraogo, signale plus d’une dizaine d’abandons depuis 2023. Chez lui, les élèves concernés ont entre 9 et 16 ans et sont, dans certains cas, encouragés dans leur départ par les parents.
À l’école de Yama, qui ne se trouve pas près d’un site, le Directeur, M. Pascal Nana, a recensé sept abandons en 2025. Les élèves concernés ont entre 11 et 15 ans et proviennent souvent de familles en difficulté.
Ces témoignages montrent que le phénomène touche aussi bien les villages proches des sites que ceux qui en sont éloignés. Les enfants partent vers des sites situés au Burkina Faso, mais aussi dans des pays voisins comme la Côte d’Ivoire, le Mali ou la Guinée.
La sensibilisation comme réponse
Face à la situation, la CEB de Méguet organise des séances de sensibilisation à l’intention des élèves et des parents, avec l’appui de partenaires comme l’ONG Terre des Hommes.
Le Chef de la CEB rappelle que certaines activités liées à l’exploitation minière nécessitent des compétences acquises à l’école. Il estime que le niveau du BEPC peut constituer un minimum pour accéder à certaines opportunités.
Mais, selon lui, la sensibilisation ne suffit pas. Il appelle à des mesures pour protéger les enfants et maintenir les élèves à l’école.
« Sans actions fortes, nous risquons de compromettre l’avenir de toute une génération », prévient le Chef de la CEB, M. Nongaouagré Koalaga.
Agence d’information du Burkina
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